HIBAPRESS – Abdellatif Barka
Alors que les enjeux du développement territorial s'accélèrent, le dossier du retard dans l'élaboration du programme de développement de la province d'Agadir-Ida Outanane refait surface, constituant un indicateur préoccupant qui soulève plus d'une interrogation sur la performance du Conseil provincial et la manière dont il gère ses priorités stratégiques. L'absence de ce document, pierre angulaire de l'aménagement du territoire, n'est plus un simple retard administratif, mais s'est transformée en une affaire de responsabilité politique et managériale qui touche directement la présidence du Conseil.
Le président du Conseil provincial, le membre du RNI "El Massaoudi", se retrouve aujourd'hui sous une pression croissante pour fournir des explications claires sur ce blocage, d'autant plus que la loi organique oblige à l'élaboration du programme de développement durant la première année du mandat. Or, le passage de plusieurs années sans qu'il ne voie le jour soulève des interrogations sur la méthodologie de travail au sein du Conseil et le respect des mécanismes juridiques encadrant la gestion des affaires publiques locales.
Ce retard ne se répercute pas seulement sur l'aspect juridique, mais s'étend pour affecter directement la dynamique de développement de la province. En l'absence d'une vision stratégique claire, il devient difficile de définir les priorités ou d'évaluer les projets réalisés ou programmés. De plus, un certain nombre de chantiers liés aux infrastructures et aux services sociaux restent tributaires de l'absence d'une conception intégrée garantissant leur cohérence avec les besoins des populations des zones montagneuses d'Agadir-Ida Outanane.
Les observateurs estiment que le problème dépasse la simple dimension d'un document technique pour refléter un déséquilibre dans la hiérarchisation des priorités, d'autant plus que des projets apparaissent sans base de planification claire, ce qui soulève des questions sur la pertinence de certaines dépenses proposées et leur cohérence avec les attentes des citoyens, notamment dans des domaines vitaux tels que le désenclavement du monde rural et le soutien au transport scolaire.
De plus, le retard du programme affaiblit la position du Conseil dans ses plaidoyers pour l'obtention de financements et de soutien, que ce soit auprès des secteurs gouvernementaux ou des partenaires, car les projets restent non encadrés par une vision globale justifiant leur nécessité et leur impact de développement, ce qui limite les opportunités de leur mise en œuvre sur le terrain.
Face à cette situation, tous les regards se tournent vers la présidence du Conseil provincial pour qu'elle clarifie les raisons de ce blocage et fournisse des réponses convaincantes sur le sort du programme de développement, alors que la fin du mandat électoral approche, ce qui fait de l'élément temps un facteur décisif dans l'évaluation du bilan général du Conseil.
Dans ce contexte, la correspondance du Wali de la région Souss-Massa, Said Amzazi, a recentré le débat sur la nécessité de respecter les règles juridiques encadrant le travail des conseils territoriaux. Il a clairement attiré l'attention sur l'absence du programme de développement de la province et a demandé au président du Conseil de fournir des éclaircissements sur les raisons de ce retard, en insistant sur la nécessité de compléter les documents et les données liés à la gestion des projets, afin de garantir leur cohérence avec une vision de développement claire répondant aux besoins de la province.





