À Bruxelles, Leila Benali appelle à « optimiser pleinement » le partenariat vert Maroc-UE

Hibapress

La ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a appelé, vendredi à Bruxelles, à  »optimiser pleinement » le Partenariat vert entre le Maroc et l’Union européenne, conclu en octobre 2022, qui constitue un « cadre de coopération innovant, prometteur et dynamique ».

Ce partenariat, en tant qu’instrument de dialogue et de coopération renforcés, reflète une « forte convergence pour un développement durable, inclusif à faible émission de carbone », a estimé la ministre lors d’un séminaire sur le thème « Un horizon vert commun : Exploiter tout le potentiel du Partenariat vert UE-Maroc ».

»Le Maroc se distingue comme l’un des partenaires les plus dynamiques de l’UE, non seulement en raison de sa forte proximité et connectivité avec l’Europe, mais également des défis communs, et donc des intérêts stratégiques communs des deux parties, notamment l’impératif de transition énergétique et de développement durable », a-t-elle indiqué.

Dans ce sens, la ministre a affirmé que l’intégration régionale constitue l’un des principaux piliers de la stratégie énergétique du Maroc. « Alors que l’UE a été créée sur la base de l’intégration des industries du charbon et de l’acier en 1950, nous sommes attachés à un autre plan Schuman qui ferait converger les marchés de l’énergie et du carbone », a-t-elle dit.

Selon la ministre, l’optimisation pleine du Partenariat vert Maroc-UE passe d’abord par le renforcement des connexions électriques et gazières entre les deux parties, à travers la mise en place de projets en matière du commerce d’électrons verts, ainsi que le développement du commerce de l’hydrogène vert, des molécules vertes et d’autres marchés potentiels.

Elle a notamment mis l’accent sur les projets d’interconnexion Maroc-Espagne et Maroc-Portugal, qui représentent un intérêt stratégique pour l’Europe, ainsi que sur le soutien nécessaire aux infrastructures gazières flexibles et diversifiées, y compris l’intégration du marché du GNL liquide avec le gazoduc à moindre coût.

L’autre front sur lequel doit agir le Partenariat vert concerne le marché carbone, a estimé la ministre, préconisant la création de clusters régionaux de marché du carbone, en commençant par des groupements de pays, chacun d’entre eux pouvant décider du type de marché du carbone qui correspond à ses besoins souverains et stratégiques, ainsi que des règles commerciales qu’il souhaite établir.

Elle a, en outre, mis en exergue l’impact  »positif » sur l’environnement qu’aura la réglementation européenne sur les Carburants d’Aviation Durables (SAF), notant que le Maroc a besoin de mesures de soutien spécifiques pour accélérer le développement et la commercialisation de ce type de biocarburants, ainsi que l’adoption d’une fiscalité flexible.

Par ailleurs, Mme Benali a relevé que le Maroc dispose déjà de 4,1 gigawatts de capacité renouvelable, ce qui représente 40 % de sa capacité totale installée, ajoutant que le Royaume, qui s’engage sur la voie de la transition énergétique, doit multiplier par 4 à 5 le rythme des investissements, soit environ 1,5 milliard de dollars par an, de manière ininterrompue, d’ici 2030.

Cet investissement substantiel porte sur l’installation de 11 gigawatts supplémentaires de capacité, et n’inclut pas le dessalement, l’hydrogène, l’ammoniac vert ou les futurs carburants, a-t-elle fait remarquer, ajoutant que le Maroc redouble d’efforts et adopte une approche inclusive pour une gestion rationnelle et durable des ressources.

« Notre ambition renouvelée nécessite une accélération et une intensification des projets : une multitude de projets bancables, y compris notre programme de décarbonation, de grands projets solaires traditionnels et des projets localisés de mini-réseaux », a-t-elle expliqué, mettant l’accent aussi sur les réformes législatives et réglementaires menées par le Maroc, notamment en matière de libéralisation de l’autoconsommation de l’énergie et de certificats verts, qui constituent une première dans la région.

Ce séminaire, organisé par l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed), la Mission du Royaume du Maroc à l’UE et à l’Otan et le Centre pour les études politiques européennes (CEPS), constitue une occasion pour approfondir la réflexion, l’échange et la prospection sur l’avenir et les enjeux du partenariat vert Maroc-EU.

L’événement a rassemblé des acteurs institutionnels et privés, qui donnent vie à la coopération énergétique entre le Maroc et l’UE à travers des actions appuyées et innovantes.

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