Gestion des catastrophes naturelles : l’approche scientifique et éducative en débat à Settat

HIBAPRESS-RABAT

« La gestion des menaces et catastrophes naturelles : approche scientifique et éducative » est le thème du Colloque international, organisé le lundi à Settat, par l’École supérieure de l’éducation et de la formation de Berrechid (ESEFB), relevant de l’Université Hassan 1er de Settat.

Ce colloque, organisé par le « Laboratoire interdisciplinaire en science, éducation et formation » (LIRSEF) de l’École supérieure d’éducation et de formation de Berrechid, affilié à l’Université Hassan Ier, se décline en cinq axes :

  • Les risques naturels et catastrophes : une approche historique ;
  • Les problèmes scientifiques liés à la gestion des risques et catastrophes naturelles au Maroc : géologie et géographie ;
  • Les cursus et l’approche pédagogique et didactique de la gestion des risques naturels ;
  • Les mécanismes d’accompagnement psychologique et éducation à la gestion des risques naturels ;
  • La gestion des risques et catastrophes naturelles : expériences comparées et enseignements tirés.

Au-delà des aspects humanitaires et ceux liés aux expressions de solidarité avec les victimes, un focus sur le panorama des acteurs du risque a permis de mettre en évidence la responsabilité qui incombe aux pouvoirs publics face à la nécessité de faire face aux risques naturels et de s’efforcer de réduire les pertes qui affectent les vieshumaines, les logements et les moyens de production dans une approche proactive.

Les intervenants ont aussi mis l’accent sur une gouvernance participative impliquant l’échange d’expériences scientifiques, de pratiques éducatives et pédagogiques dans le domaine de la gestion des risques naturels, et l’ouverture de canaux de coordination entre experts et spécialistes de divers domaines : scientifiques, économiques, technologiques, sociologiques, psychologiques et pédagogiques…, afin de développer des scénarios d’interventions pratiques au niveau des infrastructures et des équipements appropriés aux zones menacées par des catastrophes.

Une approche qui permet de repenser l’ingénierie du risque, via cette contingence participative installant un débat académique qui scrute les informations sur la mémoire historique et culturelle des risques, évalue les cartes des principales catastrophes naturelles au Maroc, la localisation des régions menacées, et les moyens de prévention et d’adaptation. L’objectif étant de développer des approches didactiques et éducatives fonctionnelles qui contribuent à la sensibilisation et à la préparation des individus pour affronter et gérer ces menaces.

“Cette conférence internationale vise à mettre la lumière sur les diverses disciplines et les champs d’action aussi bien en lien avec les sciences techniques, qu’humaines et sociales qui doivent être mobilisées pour une meilleure gestion, en amont et en aval, des phénomènes naturels selon des normes, des études et des recherches scientifiques”, a indiqué Abdellatif Moukrim, Président de l’université Hassan 1er.

Dans ce sens, le Président de l’université Hassan 1er a souligné l’ambition de son Université, à travers l’organisation de ce Colloque ainsi que d’autres initiatives similaires, de renforcer la recherche dans ce domaine en mettant à disposition l’expertise académique et ses partenariats internationaux, notamment en collaborant avec les différentes universités qui ont manifesté leur intérêt à prendre part à la campagne de solidarité inédite qu’a connue le Maroc suite au séisme d’al Haouz. “Nous souhaitons travailler avec les universités internationales sur des recherches et des études portant sur la gestion des effets du tremblement de terre d’Al Haouz”, a expliqué M. Moukrim, indiquant que cette approche permettra, d’une part, de former des jeunes chercheurs spécialisés et, d’autre part, de fournir des études scientifiques ayant un impact positif en matière de gestion des effets des phénomènes naturelles, attendu que toutes les disciplines sont appelées à contribuer et converger pour apporter des solutions dans ce domaine.

Pour sa part, Rachid Laraichi, Directeur de l’ESEFB, a relevé que l’organisation de ce Colloque qui se distingue par la présence de spécialistes nationaux et internationaux de renom, en l’occurrence issus de Jordanie et de pays africains, émane de la volonté de mettre en avant les rôles que peuvent jouer les enseignants-chercheurs dans la gestion des catastrophes naturelles. “Parmi les questions abordées, il y a celle du rôle de l’école, du collège, du lycée et de l’université dans la contribution à la gestion de ces catastrophes, à travers une conscientisation aussi bien sur le plan psychologique que sociologique”, a affirmé M. Laraichi, ajoutant: “Nous souhaitons, à terme, entamer une réflexion profonde pour que les concepteurs de manuels, de syllabus et de matières puissent intégrer cette dimension dans les programmes et contenus pédagogiques”.

Parmi les interventions ayant marqué ce Colloque, on cite celle de Nasser Jebbour, Directeur de l’Institut national de géophysique (ING), qui a porté sur le séisme d’Al Haouz et les moyens de surveillance sismique, notamment ses deux composantes : à travers le réseau national des capteurs installés dans les zones sismiques au Maroc, et à travers les observatoires internationaux. M.Jebbour a dans ce cadre mis en évidence, données à l’appui, la résilience du Maroc, notamment, les barrages, qui n’ont pas souffert, “étant des ouvrages bien étudiés et bien exécutés, malgré la sévérité des ébranlements sismiques qui avoisinait près 20% du champ gravitationnel, ce qui est menaçant pour les constructions ordinaires”, a-t-il précisé. M. Jebbour a, à cet égard, appelé à élargir l’installation des capteurs des mouvements sismiques forts -installés dans les villes-, à d’autres sites, en particulier dans la région du Haut Atlas, à Marrakech et son voisinage, “afin de sonder tous les aspects d’amplification des vibrations sismiques et définir les zones amplificatrices et les zones plus stables », a expliqué M. Jebbour. “Ces travaux vont servir pour l’avenir à la mise à niveau de notre code de construction parasismique, grâce à un nouveau zonage parasismique national”, a-t-il conclu.

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