EN AFRIQUE DU SUD, LE CHÔMAGE EST AU POINT DE NON RETOUR

HIBAPRESS-RABAT

Une étude détaillée du marché du travail et de l’évolution économique de l’Afrique du Sud révèle que le taux de chômage du pays, souvent cité comme étant le plus élevé du monde, est sans doute beaucoup plus faible que ne le donnaient à penser les estimations antérieures.

D’après les résultats de cette recherche, publiés par le Bureau International du Travail à Genève, le taux réel de chômage de l’Afrique du Sud pourrait être inférieur d’un tiers aux chiffres établis. L’étude, qui couvre l’ensemble des grands secteurs industriels du pays, aboutit en outre à la conclusion que, au regard des critères internationaux, le marché du travail de l’Afrique du Sud est très flexible.

Les auteurs ne nient, certes, pas la gravité du chômage en Afrique du Sud, mais ils affirment que celui-ci constitue seulement l’un des symptômes de la crise du marché du travail. Les problèmes de la pauvreté et des inégalités requièrent au moins autant d’attention que celui du chômage.

Les résultats de cette étude met en évidence les principales difficultés à résoudre pour garantir la croissance économique et la stabilité sociale, à savoir supprimer les inégalités de revenu, réduire le chômage et stimuler la productivité de l’industrie.

Il ressort en outre qu’en Afrique du Sud, la répartition des revenus est la plus inégale du monde et que la pauvreté et l’inégalité relèvent de quatre grandes caractéristiques: la race, le sexe, la région et la zone de résidence.

Bien que les citoyens les plus aisés soient toujours les citadins blancs et les plus pauvres les habitants noirs des zones rurales, les inégalités interraciales se stabilisent et les disparités interraciales s’accentuent. Les femmes des zones rurales constituent une catégorie particulièrement vulnérable de travailleurs pauvres.

Les auteurs constatent en outre que la productivité du travail est faible par rapport à celle du reste du monde, mais que cela est dû à l’archaïsme des structures de gestion et d’organisation plutôt qu’à des salaires élevés. Le phénomène s’explique aussi par l’importance des coûts non salariaux. En Afrique du Sud, la semaine de travail est longue – 48 heures – et la plupart des entreprises fonctionnent avec une seule équipe.

Les problèmes auxquels se heurtent de nombreuses entreprises sud-africaines tiennent au manque de formation, à la rigidité des structures de l’emploi ainsi qu’à l’archaïsme du classement des emplois et des politiques salariales. Ils soulignent la nécessité de mettre sur pied des « mécanismes d’expression » qui facilitent la négociation collective et de concevoir des réformes industrielles qui visent à réduire la pauvreté, éliminer les grands écarts de revenu et consolider le fondement économique de la nouvelle Afrique du Sud multiraciale.

 

 

 

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