COP 28/ EN VUE DE LA DÉCLARATION FINALE : LES 100 RECOMMANDATIONS DE LA 1ÈRE ÉVALUATION MONDIALE

HIBAPRESS-RABAT-ONU

L’une des sessions de la 59e session du sous-organe exécutif, tenue dans le cadre de la COP28, a été marquée par la remise des recommandations finales de la première évaluation mondiale des Parties en vue de la publication de la déclaration finale

Les principales recommandations ont été préparées par les coprésidents du comité chargé de la gestion du dialogue technique et technique pour la première évaluation de l’accord de Paris. Elles visent à fournir un point de départ aux Parties pour discuter de la déclaration finale du bilan mondial.

Le rapport comprend plus de 100 recommandations concernant l’atténuation, l’adaptation, les moyens de mise en œuvre, le financement, le renforcement des capacités, les pertes et les dommages.

Le rapport réaffirme l’objectif de l’accord de Paris en termes de température, qui consiste à maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et à poursuivre les efforts visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.

Le rapport souligne que les effets du changement climatique seront considérablement moins importants avec une augmentation de la température de 1,5 degré Celsius par rapport à une augmentation de 2 degrés Celsius, soulignant l’engagement international à poursuivre les efforts visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré Celsius.

Il est également reconnu que des progrès collectifs importants ont été réalisés vers la réalisation de l’objectif de température fixé par l’accord de Paris, où toutes les Parties ont communiqué des contributions nationalement déterminées spécifiques qui ont entraîné une réduction significative de l’augmentation attendue de la température mondiale, passant de plus de 4 degrés Celsius selon certaines projections à 2,5-2,9 degrés Celsius, selon le dernier rapport de synthèse des contributions nationales déterminées spécifiquement de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Le rapport souligne avec une grande inquiétude des observations indiquant que malgré les progrès réalisés dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, cela ne correspond pas aux trajectoires mondiales d’atténuation exemplaires en accord avec l’objectif de température fixé par l’accord de Paris. Il met en évidence la nécessité d’une augmentation rapide de l’ambition et de la mise en œuvre des engagements existants afin de limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels, car la fenêtre se rétrécit rapidement.

Il est souligné que la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius nécessite des réductions rapides, profondes et continues des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 43% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019.

Le rapport estime qu’il est urgent d’envisager des mesures supplémentaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, autres que le dioxyde de carbone, d’ici 2030, y compris le méthane.

Le rapport souligne l’importance de l’objectif mondial d’adaptation pour une mise en œuvre efficace de l’accord de Paris. Il reconnaît que les défis de l’adaptation existent en raison de l’insuffisance des mesures d’atténuation et que les risques augmentent avec chaque augmentation de la température.

Il exprime une vive inquiétude face aux conclusions du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui indiquent que la plupart des réponses d’adaptation sont fragmentaires, en particulier dans certains secteurs et réparties de manière inégale entre les régions. Malgré les progrès réalisés, des lacunes en matière d’adaptation persistent dans divers secteurs et régions, et elles continueront de croître avec les niveaux d’exécution actuels, avec les plus grandes disparités d’adaptation se situant parmi les catégories à faible revenu. Il existe des preuves croissantes de cela, et la mauvaise adaptation dans divers secteurs et régions affecte négativement les populations marginalisées et vulnérables.

Le rapport souligne également que les ressources actuellement allouées au financement de la lutte contre le changement climatique, au développement et au transfert de technologies, ainsi qu’au renforcement des capacités en matière d’adaptation, restent insuffisantes pour faire face aux effets croissants du changement climatique dans les pays en développement parties prenantes. Un tiers du monde, y compris 60% de l’Afrique, n’a pas accès aux services d’alerte précoce et aux informations climatiques.

Le rapport insiste sur la nécessité urgente d’élargir le champ d’action et le soutien, y compris le financement, le renforcement des capacités, le développement et le transfert de technologies, pour renforcer la capacité d’adaptation et réduire l’exposition au changement climatique, conformément aux meilleures informations scientifiques disponibles, tout en tenant compte des priorités et des besoins des pays en développement parties prenantes.

Il souligne également la nécessité d’effectuer une évaluation proactive des cas d’adaptation insuffisante et de les réduire au minimum afin d’éviter de concentrer les points faibles, ce qui entraînerait une exacerbation des inégalités et garantirait la réalisation de bénéfices à long terme.

Le rapport met en évidence la planification à long terme de l’adaptation et l’accélération de sa mise en œuvre, en particulier au cours de cette décennie, comme d’une importance capitale pour combler les lacunes en matière d’adaptation.

Le rapport met en lumière les défis persistants auxquels de nombreux pays en développement parties prenantes sont confrontés pour obtenir un financement pour l’adaptation et encourage des efforts accrus, y compris de la part des entités opérationnelles de l’instrument financier, pour simplifier l’accès à ce financement.

Il exhorte les pays développés à doubler leurs contributions collectives au financement climatique pour l’adaptation dans les pays en développement parties prenantes d’ici 2025, au moins par rapport aux niveaux de 2019, dans le cadre de l’équilibre entre l’atténuation et l’adaptation en fournissant des ressources financières accrues, conformément à l’article 9, paragraphe 4, de l’accord de Paris.

Le rapport souligne l’importance du financement en tant que facteur d’autonomisation essentiel de l’action climatique. Il indique que les pays développés parties prenantes doivent fournir des ressources financières pour aider les pays en développement parties prenantes en matière d’atténuation et d’adaptation afin de poursuivre leurs engagements en vertu de la Convention.

Il encourage également les autres parties à fournir ce soutien ou à le maintenir de manière volontaire. Il est souligné que les pays développés parties prenantes devraient continuer à prendre l’initiative de mobiliser des financements climatiques à partir d’une large gamme de sources, d’outils et de mécanismes, en mettant en évidence le rôle important des fonds publics, notamment en soutenant les activités stratégiques ciblées qui tiennent compte des besoins et des priorités des pays en développement parties prenantes.

Le rapport met en lumière l’écart croissant entre les besoins des pays en développement parties prenantes, notamment ceux résultant des impacts croissants du changement climatique et de leur endettement, et le soutien fourni pour leurs contributions déterminées au niveau national. Il est estimé que ces besoins s’élèvent actuellement à environ 5,8 à 5,9 billions de dollars américains d’ici 2030.

Le rapport souligne que les flux financiers mondiaux liés au climat sont faibles par rapport aux besoins globaux des pays en développement, avec des estimations de ces flux pour la période 2019-2020 atteignant 803 milliards de dollars américains, représentant 31 à 32% de l’investissement annuel nécessaire pour maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius, voire 1,5 degré Celsius, et moins que ce qui est attendu compte tenu des opportunités d’investissement spécifiques et du coût de l’échec à atteindre les objectifs de stabilisation du climat.

Le rapport appelle les pays développés à atteindre pleinement l’objectif de 100 milliards de dollars américains d’ici 2025 et souligne l’importance de la transparence dans la mise en œuvre de leurs engagements.

Le rôle du Fonds pour les pays les moins avancés et du Fonds vert pour le climat dans le soutien aux mesures prises par les pays en développement pour faire face au changement climatique est mis en évidence, et il salue les engagements pris envers ces fonds, appelant les pays développés à continuer de contribuer à ces fonds.

Il met également en évidence la nécessité d’investir environ 4,3 billions de dollars américains par an dans les énergies propres d’ici 2030 pour atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, et en outre, il évalue les besoins financiers pour l’adaptation des pays en développement à environ 215 à 387 milliards de dollars américains par an d’ici 2030.

Le rapport souligne avec une grande inquiétude les résultats du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui prévoit une intensification des effets négatifs, des pertes et des dommages résultant du changement climatique à mesure que le phénomène de l’effet de serre augmente.

Il met en évidence que le changement climatique affecte déjà les systèmes humains et naturels à travers le monde, et que ceux qui ont contribué le moins au changement climatique sont les plus vulnérables aux pertes et aux dommages.

Le rapport reconnaît que des mesures d’atténuation profondes, rapides et durables peuvent réduire les coûts de l’adaptation, des pertes et des dommages à l’avenir, tout en renforçant les avantages communs du développement durable.

Il exprime une vive préoccupation face aux coûts financiers élevés associés aux pertes et aux dommages supportés par les pays en développement, ce qui entraîne un fardeau croissant de la dette et entrave la réalisation des objectifs de développement durable.

En conclusion, le rapport réitère l’appel lancé par le Secrétaire général des Nations Unies à l’occasion de la Journée Météorologique Mondiale 2022, visant à protéger chaque individu sur terre grâce à une couverture complète des systèmes d’alerte précoce contre les conditions météorologiques extrêmes et le changement climatique d’ici 2027.

Il appelle les partenaires du développement, les institutions financières internationales et les entités opérant dans le domaine financier à soutenir la mise en œuvre de l’initiative d’alerte précoce pour tous.

Il appelle également les parties à présenter leurs contributions nationales spécifiques, guidées par les résultats du premier processus d’évaluation mondiale, lors d’un événement spécial organisé sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies.

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