Le présentateur de la mythique émission littéraire d’Antenne 2 « Apostrophes » et « Bouillon de culture » nous a quittés. Émouvants Témoignages sur Bernard Pivot

HIBAPRESS-RABAT-AGENCES

Le présentateur de la mythique émission littéraire d’Antenne 2 « Apostrophes » est mort à Neuilly-sur-Seine à l’âge de 89 ans, a annoncé sa fille Cécile à l’AFP.

Un livre à la main, sa paire de lunettes dans l’autre, il avait également présenté l’émission « Bouillon de culture » et organisé à partir de 1985 les Dicos d’or, championnat d’orthographe vite devenu international.

Bernard Pivot, lecteur aussi scrupuleux qu’il était brillant comme intervieweur, s’est imposé au fil des ans comme une figure populaire bien au-delà du petit milieu parisien des lettres.

« Apostrophes », le vendredi soir, était regardée par plusieurs millions de téléspectateurs. Grands connaisseurs de la littérature ou modestes amateurs de livres, ils y appréciaient les traits d’esprit, les pensées frappantes de concision, les tirades lyriques ou les engueulades que Bernard Pivot savait susciter chez les auteurs invités.

« Il était gai, il était drôle. Il était sympathique, profondément sympathique », a déclaré sur BFMTV une autre grande figure de la télévision des années 80, Anne Sinclair.

La preuve avec ce bon mot sur Twitter en 2016: « L’habitude des radios de m’appeler à la mort d’un écrivain est si grande que, le jour où je mourrai, elles m’appelleront ».

Bernard Pivot, amateur de bon vin et d’humour, n’avait pas son pareil pour décontracter l’ambiance sur son plateau. Et, dans les conditions du direct, pour tirer le débat vers le haut.

Des géants du XXe siècle se sont assis face à lui pour évoquer le titre qu’ils venaient de publier, tels Marguerite Duras, le boxeur Mohamed Ali ou le dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne.

« La littérature subit une perte immense. Il est, à mes yeux, un de ces médiateurs pour qui je dirais qu’en Europe aussi un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle », a écrit l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou sur X.

« Il aimait les livres avec gourmandise, comme la nourriture, sinon que son appétit littéraire n’était jamais rassasié », a affirmé Jacques Attali, écrivain et ancien conseiller du président François Mitterrand.

« Nous perdons un grand homme de culture et de TV », a estimé la directrice générale de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci.

Bernard Pivot, qui avouait sans peine ses limites comme écrivain, exerça ensuite son influence à l’Académie Goncourt. Entré en 2004, président en 2014, il s’en était retiré fin 2019.

Le club de football de Saint-Étienne a aussi salué la mémoire de ce passionné de foot, fidèle aux Verts. « L’ASSE salue cet homme de lettres (…) entraîné, comme bien d’autres, par la passion stéphanoise ».

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