Souvenir, souvenir: l’allemand Horst Hrubesch, l’ancien meilleur attaquant réputé pour son jeu de tête, veut gagner les Jeux Olympiques

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Paris 2024, sa médaille d’argent avec les hommes à Rio 2016, la retraite… La FIFA s’est entretenue avec le légendaire sélectionneur de l’équipe féminine d’Allemagne, Horst Hrubesch.

FIFA
  • L’équipe d’Allemagne féminine participera aux Jeux Olympiques de Paris 2024

  • Horst Hrubesch était sélectionneur des garçons à Rio 2016 où il a obtenu une médaille d’argent

  • La FIFA a discuté avec l’ancien attaquant

Après une Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023™ décevante, où l’Allemagne a été éliminée dès la phase de groupes, Horst Hrubesch a repris les rênes de l’équipe pour la deuxième fois de sa carrière. Le technicien l’a, dès lors, aidée à décrocher son billet pour le Tournoi Olympique de Football féminin, Paris 2024, en terminant troisième de la Ligue des Nations féminine de l’UEFA après avoir battu les Pays-Bas 2-0 en petite finale.

En France, Hrubesch tentera de tirer parti de son immense expérience pour permettre à son équipe de remporter une médaille, comme il l’a fait avec l’équipe masculine en 2016 à Rio, où l’Allemagne est montée sur la deuxième marche du podium.

La FIFA s’est entretenue avec l’ancien attaquant, réputé pour son jeu de tête, avant le début du tournoi à Paris, pour évoquer son expérience olympique de 2016, le football féminin en général et son travail au sein de l’équipe. S’il cédera sa place de sélectionneur à Christian Wück après les JO, Hrubesch a clairement indiqué que, malgré ses 73 ans, il n’envisageait pas encore de prendre sa retraite.

FIFA : La dernière Coupe du Monde Féminine de la FIFA a été décevante pour l’Allemagne, mais l’équipe a réussi à se qualifier pour les Jeux Olympiques. À quel point étiez-vous soulagé après le match contre les Pays-Bas ?

Horst Hrubesch : Les filles étaient évidemment déçues de la dernière Coupe du Monde, mais elles se sont reprises par la suite. Nous avons dominé le match contre les Pays-Bas, même si elles nous ont clairement mis la pression. Je sais ce que cela représente pour les filles de participer aux Jeux Olympiques et, non seulement, nous nous sommes assurés d’aller à Paris, mais nous avons aussi gagné les quatre matches suivants dans les qualifications pour l’EURO féminin [l’Allemagne est en tête du Groupe A4 des éliminatoires de l’EURO 2025].

Vous avez remporté une médaille d’argent avec l’équipe masculine d’Allemagne à Rio 2016. Qu’est-ce qui rend les Jeux olympiques si spéciaux ?

Mon meilleur souvenir reste le village olympique, je dois dire. La route vers les Jeux Olympiques est longue et difficile, mais certaines des filles de l’équipe savent à quoi s’attendre – après tout, elles ont remporté l’or au Brésil [à Rio 2016]. Ce qui me fascine dans les Jeux Olympiques, c’est la façon dont les autres sportifs vivent cet événement. Dans le village olympique et dans la Maison de l’Allemagne, il y a eu des moments que je ne peux pas décrire, il fallait simplement être là. Tout cela est fascinant et j’ai été absorbé par tout cela, me disant : « Waouh, si seulement j’avais su cela avant ! » On n’oublie pas facilement ce genre de choses et c’était totalement différent de tout autre événement sportif.

Est-ce un moment particulier pour vous de faire votre retour aux Jeux Olympiques ?

Je suis reconnaissant d’avoir pu vivre cette expérience. Je n’ai jamais pensé que j’y retournerais, mais les filles étaient tellement concentrées sur cet objectif. J’ai donc dit : « D’accord, vous devez vous qualifier ». Je suis content que nous ayons réussi et maintenant nous devons travailler pour atteindre notre objectif.

Vous parlez des Jeux Olympiques avec beaucoup d’enthousiasme. Quelle est la difficulté de sélectionner les 18 joueuses que vous pouvez emmener en France, et bien sûr d’annoncer aux autres qu’elles n’ont pas été retenues ?

Ce n’est évidemment pas une tâche facile. Heureusement, j’ai mon staff avec moi et nous déciderons ensemble des joueuses que nous emmènerons. Nous avons plus ou moins l’effectif, mais nous attendons encore en cas de blessure.

Le développement du football féminin au cours des 20 dernières années a été phénoménal. Quelles sont, selon vous, les tendances actuelles ?

Lors du récent Championnat d’Europe en Angleterre, nous avons constaté qu’il y avait eu un véritable boom. Beaucoup d’équipes sont devenues plus fortes au fil des ans et la principale chose qui a changé, c’est le côté physique. La vitesse a également changé et je pense que nous avons vraiment atteint un niveau élevé.

Que pensez-vous de vos adversaires aux Jeux Olympiques : États-Unis, Zambie et Australie ?

Je dirais que toutes les équipes sont du même niveau que les États-Unis. L’Australie a réalisé une excellente Coupe du Monde à domicile et possède une forte présence physique. La Zambie a trois grandes attaquantes, ce ne sera donc pas un groupe facile. Ce qui compte, c’est que nos adversaires n’auront certainement pas hâte de nous affronter non plus. Cela se jouera sur la vitesse et le physique, et nous devons être prêts à pousser un peu plus.

Qui sont les favorites ?

On pourrait presque choisir n’importe quelle équipe. Toutes les équipes participantes sont très proches les unes des autres. Les Françaises seront chez elles donc elles répondront forcément présentes. Mais je pense que beaucoup d’équipes peuvent croire en leurs chances.

Peut-on envisager une finale Allemagne-France ?

Je ne dirais pas non. Je n’ai pas encore totalement oublié que nous avons perdu 2-1 [en demi-finale de la Ligue des Nations]. En deuxième période, nous avons montré ce dont nous étions capables et j’aurais aimé remporter cette Ligue des Nations.

Vous avez évidemment l’intention de ramener une médaille à la maison…

Oui, bien sûr. Aux JO, on dit souvent « l’important, c’est de participer ». Mais quand on a passé autant de temps pour y arriver, il faut simplement essayer de faire partie des médaillés. Après tout, il ne s’agit que de six matches ! J’ai essayé de faire comprendre cela aux filles. Il faut qu’elles aient des attentes personnelles. Cela commence dès l’enfance en fait. Il faut toujours viser plus haut. La Bundesliga, puis l’équipe nationale, le Championnat d’Europe, la Coupe du Monde. Et pourquoi pas les Jeux Olympiques ? Si nous en avons l’occasion, nous le ferons.

À vous entendre, tout semble si simple…

Le football peut être simple. Au bout du compte, il faut entrer sur le terrain et se demander : « Est-ce que je fais simplement partie de l’équipe ou est-ce que je peux avoir un impact sur le match ? » Je préfère entrer sur le terrain et avoir un impact, donc je fais tout ce que je peux pour cela. Et si quelqu’un est meilleur que moi ce jour-là, je dois l’accepter. C’est ce que nous ferons dès le début et nous donnerons tout ce que nous avons.

En vous voyant et en vous écoutant, il est difficile de croire que vous allez céder les rênes de l’équipe à Christian Wück, champion du monde U-17 masculin avec l’Allemagne, après les Jeux Olympiques. Qu’allez-vous faire ensuite ? Allez-vous prendre votre retraite ?

Non, je ne vais pas prendre ma retraite. J’ai d’autres idées en tête et elles ne concernent pas seulement le football. Tant que je serai en bonne santé et que je pourrai encore faire des choses, je le ferai. Je ne suis pas du genre à rester chez moi, assis sur un canapé ou sur un banc public, en attendant que Dieu vienne me taper sur l’épaule. Il y a encore beaucoup de choses à vivre sur cette Terre.

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