HIBAPRESS-RABAT- D’après « outre terre »
Dans les années 2004-2005, l’Ukraine consommait environ 80 milliards de mètres cubes de gaz par an dont 20 milliards étaient produits à l’intérieur du pays, 36 milliards étaient achetés au Turkménistan, 17 milliards étaient reçus de la part de la Russie en paiement du transit du gaz russe en Europe et entre 6 et 7 milliards supplémentaires étaient achetés en Russie
[Àla même époque, 120milliards de mètres cubes de gaz transitaient annuellement par le territoire ukrainien. L’Ukraine dépend de la Russie pour le transport du gaz turkmène, car le Turkménistan ne dispose d’aucun autre itinéraire contournant le territoire russe ; la Russie dépend de l’Ukraine pour le transit de son gaz à destination de l’Europe. Il existe par ailleurs trois autres trajectoires : Blue Stream, actuellement sous-exploité, qui passe par la Turquie (actuellement 5 milliards de mètres cubes sur une capacité de 16 milliards destinés pour le moment au marché turc) ; Iamal-Europe qui passe par la Biélorussie (30 milliards de mètres cubes) ; North Stream, sous la Baltique, en projet.
Cette double dépendance avait permis à l’Ukraine d’obtenir un tarif préférentiel de 50 dollars les 1 000 m3 pour le gaz russe contre un transit effectué à des tarifs avantageux, mais aussi des tarifs préférentiels de la part du Turkménistan via Gazprom en position de monopole pour le transport de gaz turkmène. L’accord intergouvernemental russo-ukrainien du 4octobre 2001 garantissait en principe l’utilisation par Kiev du gazoduc de Gazprom pour véhiculer le gaz turkmène
L’accord prévoyant cependant que les détails seraient revus par…. La Russie ne pouvait donc pas priver l’Ukraine d’un accès au réseau de Gazprom, mais elle y était parvenue en acquérant au Turkménistan des quantités annuelles de gaz correspondant à l’entière capacité du gazoduc Asie centrale-Centre. L’Ukraine se retrouvait dans la situation paradoxale où elle pouvait acheter contractuellement du gaz au Turkménistan (accord ukrainoturkmène) sans que le gazoduc de Gazprom ait la capacité de le véhiculer. Il lui fallait donc se procurer ce gaz turkmène auprès de l’intermédiaire contrôlé par Gazprom.
Un autre différend russo-ukrainien portait sur le volume des « prélèvements techniques » de gaz russe effectués par la partie ukrainienne pour alimenter les stations de compression des gazoducs ukrainiens. L’Ukraine tenait à 15 % alors que Gazprom affirmait que 4 % suffisent à l’acheminement du gaz russe et que Moscou accusait Kiev de profiter de sa position.
De même pour le stockage du gaz russe dans les réservoirs ukrainiens. La partie ukrainienne considérait que les tarifs appliqués étaient inférieurs à ceux qui se pratiquaient en Europe de l’Ouest; la partie russe donnait à penser qu’une partie de son gaz stocké était prélevé par l’Ukraine pour ses besoins et n’était pas payé. Un autre différend concerne la réexportation. Pendant les années qui précédaient la « guerre du gaz », l’Ukraine avait enregistré un surplus annuel de plusieurs milliards de mètres cubes qu’elle réexportait en Roumanie au prix « ouest-européen » de 265 dollars les 1 000 m3. Le pays avait été qui plus est périodiquement accusé dans les années 1990 de « siphonner » du gaz et de le réexporter.





