Association des ex.détenus marocains des camps de Tindouf Le raz-le-bol !

Mohamed LOKHNATI

Des milliers de soldats marocains ayant croupi pendant près d’un quart de siècle dans les geôles du Front Polisario, avant d’être rapatriés à la mère patrie, reviennent à la charge.
Après de nombreuses réunions avec les hautes instances de l’Etat en charge de cet épineux dossier, l’Association des soldats marocains ex.detenus des camps de Tindouf, remonte au créno, promettant une fin de mois bien remontée, confirme une source responsable auprès de l’Association concernée.
Pour cause, les négociations marathoniennes chapeautées par le général Abdelfattah El Ouarrak, inspecteur général des FAR, traînent depuis plus de deux années déjà et avec toutes les promesses qui tardent toujours à voir le jour. Pour ces ex.vétérans de la guerre du Sahara, le blouse semble atteindre son paroxysme.
 

Normal, affirme Abderrazak L., un soldat rapatrié résidant à El Jadida, puisque chacun de ces milliers de ex.détenus, avaient subi de 1980 à 2005 dans le camps « Rabouni », à Tindouf, dans le Sud-Ouest algérien les pires sévices qu’ils n’aurait jamais vécus. Oui, enchaina t-il avec amertume les yeux en larmes,  « Une prise en otage de plus de 25 ans d’horreur, de tortures, de mutilations, de privation et de travaux forcés sous la chaleur étouffante du soleil »…Ce sentiment de manque de reconnaissance n’est pas seulement symbolique: certains prisonniers se retrouvent marginalisés voire précarisés. « 25 ans de prisons dans les camps de l’ennemi, cela mérite un minimum de compensation matérielle ».

« Prisonniers de guerre dans les bagnes de l’Algérie et du Polisario », Abderrazak L., raconte les tortures, les brimades, les exécutions sommaires de ses camarades marocains par les militaires algériens et le Polisario. Et le retour au pays, synonyme de liberté teintée d’amertume. « Après ma libération, explique-t-il aujourd’hui, je suis renvoyé à la retraite sans ajustement de grade et sans indemnisations”.

Hormis quelques rares supports médias comme le journal L’opinion dont nous saluons l’interet qu’il porte toujours à  otre case légitime, poursuit Abderrazak, « Nous sommes oubliés, c’est comme si nous n’avions jamais existé », raconte-t-il. Depuis leur libération, les anciens prisonniers du Polisario ne font plus en effet la Une des journaux et leur sort n’est que rarement relayé ».

L’administration de la défense nationale qui a pris le dossier en main, a certes manifesté de bonnes volontés de tenir ses promesses, à plus forte raison avec le changement attendu du statut des retraités de l’armée, ainsi que du programme de réhabilitation lancé dès mi-2017, croit-on savoir de sources proches .

Il est vrai que ces vétérans de la guerre du Sahara militens pour plus de dignité, mais ils n’avaient plus toute la vie devant eux. Au delà d’une rétribution matérielle, c’est plus une inscription dans la mémoire à laquelle ils aspirent aujourd’hui et plus que jamais, pour que les Marocains se rappellent que s’ils peuvent, aujourd’hui, prendre l’avion jusqu’à Dakhla pour leurs vacances, c’est au prix du sacrifice de plusieurs milliers de soldats morts au combat… cela est plus que suffisant, pour que ces ex.detenus marocains des camps de Tindouf qui militent encore pour une cause légitime, méritent tous les égards ! Affaire à suivre !                                           

* Npm: Abderrazak L., 23 ans dans les géoles de Tindouf marié et père de 3 enfants à El Jadida.

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