La réforme de la retraite, des avancées mais encore du chemin à faire

Hibapress

La réforme de la retraite entamée depuis une quinzaine d’années a réalisé des avancées mais il reste encore du chemin à faire.

La réforme de la retraite entamée depuis une quinzaine d’années a réalisé des avancées mais il reste encore du chemin à faire afin d’assurer la pérennité des régimes de retraite sur la longue durée, ont souligné à Casablanca, vendredi, des responsables des différentes caisses.

La première réforme consistait à introduire une réforme paramétrique sur les pensions civiles, ce qui a permis de gagner une dizaine d’années supplémentaires avant l’épuisement des réserves et elle devra être suivie d’une seconde plus en profondeur, ont-ils relevé lors d’un petit-déjeuner débat sur « la réforme des retraites, où en est le chantier ouvert depuis 2003 » organisé par le quotidien « Aujourd’hui le Maroc ».

Cette dernière, prévue sur le moyen terme, consiste en une réforme plus vaste pour migrer vers un système à deux pôles (public et privé) avec dans le viseur l’adoption sur le long terme d’un système unifié.

Introduisant cette rencontre, le directeur la publication et de la rédaction du journal, Saad Benmansour, a d’emblée, fait savoir que la situation de certaines caisses sont préoccupantes, notant que cette occasion est à même de faire le point sur le chemin parcouru, sur ce qui reste à faire, « sur l’urgent ».

Des avancées ont été accomplies et il y a lieu, cependant, à discuter et à réfléchir sur ce chantier des réformes, un défi tant pour les caisses de retraite que pour les autorités publiques, mais surtout sur les mesures à prendre en vue de « corriger la situation actuelle préoccupante », a-t-il indiqué.

Une rencontre qui ne se veut nullement être exhaustive mais d’ouvrir et de continuer le débat sur ce « dossier chaud », ses indicateurs et les perspectives afin de pérenniser le régime des retraites.

Le processus de réforme des caisses de retraite est à son début avec les premiers pas faits dans quelques caisses notamment la Caisse Marocaine des Retraites (CMR) et il faut l’entamer auprès d’autres dont la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a dit en substance le Directeur général de cette dernière institution Said Ahmidouch.

A cet effet, il a souhaité que les différentes composantes du Conseil d’administration de la CNSS parviennent, dans le courant de 2019, à des scénarios possibles et à un compromis pour les modalités de réforme en vue d’assurer la pérennité de la caisse.

Un long travail doit être mené, entre autres, pour y inclure toute la population active non salariée et ne disposant d’aucun régime de retraite. « Le système de retraite ne peut être parfait au cas où un régime de retraite couvrant cette population n’est pas développé », a-t-il affirmé.

Le bout du tunnel n’est pas encore visible, a estimé le PDG de la Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite (CIMR) Khalid Cheddadi. Une phase importante a été franchie depuis la création de la Commission nationale pour la réforme du système de retraite, qui a permis aux partenaires sociaux de prendre conscience de l’ampleur du problème et des solutions possibles.

Finalement, la réforme a traité, d’abord, le « problème le plus urgent » de la CMR en introduisant une réforme paramétrique ayant permis de prolonger sa durée de vie en attendant de procéder à la réforme systémique aujourd’hui sur la table du gouvernement.

Pour le patron de la CIMR, il y a lieu de trouver des équilibres entre dépenses et recettes mais personne « ne veut mettre la main à la poche ». Les salariés, réclamant plus de droits et de pensions, refusent d’augmenter leurs cotisations car touchant à leur pouvoir d’achat et les entreprises puisqu’elles accroissent le coût du travail et diminuent leur compétitivité.

Cette réforme paramétrique est d’une grande importance étant donné qu’elle a permis de toucher l’ensemble des paramètres clefs du régime de retraite, de réduire significativement la dette implicite, les engagements financiers sur le long terme et surtout de gagner des années supplémentaires en termes de pérennité avant d’enclencher la deuxième phase de la réforme (systémique) avec les pouvoirs publics, a expliqué, de son côté, Lotfi Bounjendar, directeur de la CMR.

Cette deuxième phase est susceptible de mettre en place une réforme globale des régimes pour converger vers un système viable et de répondre, par la même, aux questions de la solidarité, de l’équité et de la pérennité, a-t-il ajouté.

Grâce à cette réforme, des éléments structurants ont été menés et ayant apporté une certaine visibilité, a relevé, pour sa part, le directeur du Pôle Prévoyance à la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) Mohamed Ali Bensouda.

A travers son métier de prévoyance et son régime collectif d’allocation de retraite, la CDG a participé à apporter davantage de visibilité sur un certain nombre de caisses internes de retraite par l’intégration de 22 caisses pour pratiquement 90 mille adhérents et un ticket de 50 milliards de dirhams, d’homogénéité et d’équité en termes de prestations à ces salariés.

L’enjeu majeur est l’élargissement de la couverture qui tourne autour de 30 à 33 % de marocains disposants de retraites. Le moment est venu pour tracer une feuille de route, une vision et l’inscrire dans la durée et ce, afin qu’elle constitue une réponse utile aux citoyens qui créent de la valeur ajoutée pour pouvoir bénéficier de la retraite, a-t-il soutenu.

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