Élections de mi-mandat : un référendum pro ou anti Trump ?

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Hibapress

Son nom n’est officiellement pas inscrit sur aucun bulletin de vote des élections de mi-mandat (Midterms) de ce mardi

Pourtant cela n’empêche pas Donald Trump de se mêler à presque toutes les joutes électorales en soutien aux candidats républicains au Sénat, à la Chambre des représentants et aux postes de gouverneurs.

Les Midterms, qui se tiennent au milieu du mandat du président en exercice, ont toujours été un référendum sur le locataire de la Maison Blanche et son parti. Mais le scrutin de 2018 pourrait- en cas de victoire dans les deux chambres du congrès- être synonyme de feu vert à Trump pour poursuivre sa politique controversée et clivante à la tête des Etats-Unis et, par ricochet, consacrer son OPA sur le parti républicain.

Il s’agit d’une stratégie de campagne que la plupart des présidents en exercice n’étaient pas aussi audacieux à adopter, les sénateurs et les membres de la Chambre étant considérés comme un moyen de contrôler l’appareil exécutif du gouvernement, et non pas des acteurs qui donnent leur blanc-seing au président.

“Un vote pour (votre candidat), c’est un vote pour moi”, ne cesse de marteler le Président Trump à chaque meeting de campagne, devant des foules galvanisées.

Dans ses différentes sorties de campagne, Donald Trump, fidèle à son style provocateur focalise sur deux sujets principaux : alimenter la peur de l’immigration et la critique des élites représentées par les médias qu’il accuse d’être les “ennemis du peuple”.

Surfant sur un taux d’approbation quasi stable allant de 42 à 46% voire 51%, selon un tout dernier sondage de l’institut Rasmussen, et une base électorale fidèle, l’actuel locataire de la Maison Blanche n’hésite pas à se mettre en selle et arpenter les Etats pour parrainer les candidats républicains en difficultés et qui sont le plus enclins à adhérer publiquement à la vision de Trump pour l’Amérique et à son style.

Ce faisant, Trump est assuré de doter les organes législatifs fédéraux de candidats républicains fidèles afin de recueillir un soutien sans faille non seulement pour sa campagne de réélection en 2020 dans les principaux États pivot comme l’Ohio, le Michigan et la Géorgie, mais aussi pour faire avancer des législations controversées comme l’abrogation et le remplacement de la Loi sur les soins abordables, dite Obamacare, le rétablissement de la politique de séparation des familles migrantes à laquelle plusieurs membres de son parti étaient ouvertement opposés, ainsi qu’un nouveau plan fiscal.

De leur côté, les candidats concernés font un pari pour le moins audacieux en surfant sur le “trumpisme” pour recueillir le soutien des partisans de M. Trump qui se déplacent en masse aux rassemblements auxquels le président est présent.

L’exemple le plus édifiant de ce genre de campagnes gagnant-gagnant est celui du sénateur du Texas Ted Cruz, le malheureux adversaire du candidat Trump durant les primaires du parti républicain en vue de la présidentielle de 2016.

Les deux hommes, qui avaient alors échangé de graves insultes et accusations en public, tentent désormais d’afficher un front uni, pour conserver le siège de Cruz qui est crucial pour que les républicains puissent garder leur majorité au Sénat, actuellement de 51 sur 100.

Une élection serrée attend le célèbre sénateur républicain face à son rival démocrate Beto O’Rourke qui a récolté le double de Cruz en termes de contributions au financement de sa campagne.

A la veille de l’échéance de mardi, les différents sondages prévoient que les républicains seraient en mesure de conserver voire renforcer leur majorité au Sénat, tandis que les démocrates reprendraient la majorité à la Chambre.

Toutefois, les analystes restent prudents en dépit de cette tendance claire. D’abord, au regard de la victoire inattendue de Trump à la présidentielle de 2016, à contre-courant de tous les sondages. Ensuite, nombre de circonscriptions sont disputées notamment dans les Etats que le candidat républicain a conquis il y a deux ans.

Avec un œil sur la présidentielle de 2020, Trump accorde aussi une importance particulière aux élections gouvernatoriales qui ont lieu dans 36 Etats lors du scrutin de mardi, dont 26 sont aux mains des républicains, 9 détenus par les démocrates et 1 par un indépendant. Les sondages prévoient un rééquilibrage des postes entre les deux partis.

Conscient que celui qui devient gouverneur cette année aura un rôle important lors des élections de 2020, le président voudrait à tout prix conserver les Etats qu’il avait conquis, d’où l’importance de ce scrutin.

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