HIBAPRESS – Mohamed Zerouih
Le parti espagnol "Vox" a haussé le ton critique à l'égard du rythme accéléré de rapprochement entre l'Union européenne et le Royaume du Maroc, exprimant son inquiétude quant au soutien européen explicite au partenariat stratégique avec Rabat.
Ce mouvement politique intervient à un moment où les relations bilatérales entre les deux rives de la Méditerranée connaissent un élan diplomatique remarquable, accueilli avec appréhension par le parti de droite qui considère cette ouverture comme une menace pour certains intérêts espagnols traditionnels.
Question parlementaire au cœur de Bruxelles
Dans une démarche procédurale, le député européen de Vox, Jorge Buxadé Villalba, a transporté ce débat dans les couloirs du Parlement européen, où il a adressé une série de questions écrites à la Commission européenne.
Villalba, affilié au bloc des "Patriotes pour l'Europe", a tenté de lier directement le flux continu de soutien européen à Rabat au dossier des deux villes occupées, Ceuta et Melilla, appelant à une plus grande clarté dans la formulation des relations avec la partie marocaine.
Critique de la "confiance européenne" à l'égard de Rabat
Le parlementaire espagnol s'est arrêté sur les récentes déclarations des responsables de la Commission qui ont qualifié le Maroc de "partenaire fiable" suite à des rencontres de haut niveau avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.
Buxadé a exprimé sa réserve quant à l'intention de Bruxelles d'élargir les domaines de coopération pour inclure des initiatives liées au dossier du Sahara, considérant que ce parti pris européen dépasse, de son point de vue, les limites de l'équilibre requis dans la région.
Dossiers épineux sur la table des discussions
La question du parti de droite n'a pas manqué de soulever des dossiers techniques et souverains sensibles, accusant Rabat d'exercer des pressions sur Madrid dans le dossier des villes occupées, en référence à des obstacles présumés dans le commerce frontalier et les flux migratoires irréguliers.
Le député a également intégré le dossier de la délimitation des frontières maritimes face aux îles Canaries dans le contexte de ses interrogations, demandant à la Commission de révéler l'étendue de la présence de ces questions dans les discussions officielles afin de garantir la protection des intérêts espagnols.
Conflit d'agendas entre diplomatie et opposition
Ce mouvement reflète une division au sein de la scène politique espagnole concernant la "dynamique diplomatique" menée avec succès par Rabat sur le vieux continent.
Alors que la Commission européenne renforce son alliance avec le Maroc en tant que partenaire régional clé, des forces politiques espagnoles d'opposition tentent de freiner cette voie en soulevant des préoccupations souveraines et frontalières, plaçant ainsi l'avenir des accords communs sous le microscope des rivalités partisanes internes.





