HIBAPRESS – Mohamed Zerouih
Dans un moment chargé de symbolisme, la Fondation du Festival Méditerranéen de la Culture Amazighe à Tanger a honoré, dans le cadre de la vingtième édition du Festival Thuiza, le grand artiste amazigh Al Walid Mimoun. Cette cérémonie s'est déroulée sur la place Bab Al Marsa à Tanger le jeudi 20 août 2026, en reconnaissance de son parcours artistique et de ses grandes contributions au développement de la chanson amazighe engagée.
CeKk honneur intervient à un moment où Al Walid Mimoun est absent de la scène artistique depuis des années, ayant choisi de s'éloigner des projecteurs et de se retirer de la musique. Cet artiste dont le nom est associé à une période marquante de l'histoire de la chanson rifaine, a fait de l'art un moyen d'expression de la terre, de la langue, de l'identité et de la dignité humaine. Il a également contribué de manière significative à la modernisation de la chanson amazighe dans le Rif, en utilisant des instruments et des arrangements musicaux modernes tout en préservant sa spécificité et son identité authentique.
Un certain nombre de commentateurs considèrent que l'hommage rendu à Al Walid Mimoun à Tanger représente une reconnaissance méritée pour un artiste qui a beaucoup donné à la chanson rifaine, et qui a réussi à faire entendre sa voix et ses paroles auprès de générations de habitants de la région et au-delà. Ses œuvres, notamment sa célèbre chanson « Dchar Inou », sont restées présentes dans la mémoire artistique et culturelle du Rif.
Cependant, cet honneur a, en revanche, ouvert un large éventail de questions parmi les admirateurs de l'artiste, qui ont exprimé leur surprise de voir cette célébration venir de Tanger, alors que son fief, Nador, est resté à l'écart d'un hommage digne de son parcours. Plusieurs de ses admirateurs ont commenté qu'Al Walid Mimoun aurait dû être honoré à Nador, la ville à laquelle son nom et son parcours artistique sont liés, se demandant : Où sont les associations culturelles et artistiques ? Où sont les personnes intéressées par le patrimoine et la chanson rifaine ? Où sont les initiatives qui préservent la mémoire des artistes qui ont beaucoup donné à la région ?
Alors que Tanger a choisi de dire "merci" à Al Walid Mimoun après des années d'absence, cet honneur pose une question plus embarrassante pour Nador : la ville attend-elle toujours que ses fils soient honorés dans d'autres villes avant de découvrir leur valeur ? L'hommage rendu à Al Walid Mimoun ne devrait pas être une simple célébration d'une personne, mais une occasion de retrouver la mémoire artistique rifaine et de reconnaître les noms qui ont contribué à façonner la conscience de la région, avant d'être oubliés.





