Le football africain enregistre une progression significative du nombre d’entraîneurs qualifiés, portée par le renforcement des investissements de la Confédération Africaine de Football (CAF) dans la formation technique. Entre 2021 et 2026, 19 685 entraîneurs ont obtenu une licence CAF à travers le continent.
Ces chiffres, publiés à la veille de la CAF Strategy Conference, qui se tiendra du 7 au 9 octobre à Sal, au Cap-Vert, illustrent les avancées réalisées dans l’un des domaines considérés par la CAF comme essentiels au développement durable du football africain.
Sur les six années étudiées, 12 770 entraîneurs ont obtenu la licence CAF C, 4 846 la licence CAF B, 1 945 la licence CAF A et 124 la licence CAF Pro.
Cette progression de la formation et de la certification des entraîneurs s’est accompagnée d’une présence accrue de techniciens africains à la tête des sélections nationales au plus haut niveau. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, six des dix représentants africains étaient dirigés par des entraîneurs africains.
Il s’agit d’une nouvelle étape importante par rapport à 2010, lorsque seul un entraîneur africain était à la tête d’une sélection du continent à la Coupe du Monde. Une évolution qui renforce l’idée que les investissements réalisés dans la formation technique commencent à produire des résultats concrets.
La formation des entraîneurs sera ainsi au cœur des discussions au Cap-Vert, alors que la CAF, ses 54 Associations Membres, les sélectionneurs nationaux et des experts internationaux du football examineront les moyens de consolider les bases déjà établies, avec en ligne de mire la Coupe du Monde de la FIFA 2030.

Près de 20 000 entraîneurs certifiés
Les chiffres de la CAF témoignent de l’ampleur des investissements consacrés au développement d’un vivier plus important d’entraîneurs qualifiés à travers le continent.
Au total, 19 685 entraîneurs ont été certifiés entre 2021 et 2026, couvrant les différents niveaux du parcours de formation et de certification de la CAF.
La majorité des certifications concerne la licence CAF C, avec 12 770 entraîneurs certifiés. Elle constitue la première étape d’un parcours permettant aux techniciens de progresser progressivement dans la structure de licences de la CAF.
Par ailleurs, 4 846 entraîneurs ont obtenu la licence CAF B, tandis que 1 945 ont été certifiés au niveau CAF A.
Au sommet de ce parcours de formation, 124 entraîneurs ont obtenu la licence CAF Pro, la certification la plus élevée du système de la CAF.
Les données annuelles illustrent également l’accélération de la formation des entraîneurs au cours de la période.
Le nombre de certifications délivrées sur les quatre niveaux est passé de 1 797 en 2021 à 2 593 en 2022, puis à 3 746 en 2023.
Le total a atteint 4 280 en 2024, soit le niveau annuel le plus élevé de la période, avant de s’établir à 3 938 en 2025, puis à 3 331 en 2026.
Ces chiffres traduisent l’élargissement de l’accès à la formation technique au sein des Associations Membres de la CAF et la volonté de constituer un vivier plus important d’entraîneurs qualifiés, aussi bien dans le football national et de jeunes que sur la scène internationale.

De l’investissement aux performances en Coupe du Monde
L’impact de ces efforts est de plus en plus visible au plus haut niveau du football africain.
Historiquement, les entraîneurs africains ont été peu nombreux à représenter le continent à la Coupe du Monde, malgré la présence de générations de joueurs africains de premier plan.
En 2010, un seul entraîneur africain dirigeait une sélection du continent à la Coupe du Monde.
Ils étaient deux en 2014 et encore deux en 2018, avant une avancée majeure en 2022, lorsque les cinq représentants africains étaient tous dirigés par des entraîneurs africains.
Quatre ans plus tard, alors que le nombre de représentants africains était passé à dix, six sélections africaines étaient dirigées par des techniciens du continent lors de la Coupe du Monde 2026.
Cette progression s’est accompagnée de la meilleure performance collective de l’Afrique dans l’histoire de la compétition, avec neuf des dix représentants africains qualifiés pour les huitièmes de finale.
Ces résultats illustrent le lien croissant entre les investissements réalisés dans la formation technique et les performances observées sur la plus grande scène du football mondial.
Plusieurs des entraîneurs africains qui se sont illustrés à la Coupe du Monde ont suivi des parcours différents, allant du football national aux structures de formation des jeunes et aux équipes nationales.
Bubista a ainsi conduit le Cap-Vert à sa première qualification pour la Coupe du Monde avant de mener les Requins Bleus jusqu’à la phase à élimination directe pour leur première participation.
Emerse Faé a, de son côté, conduit la Côte d’Ivoire jusqu’aux huitièmes de finale, une première dans l’histoire des Éléphants à la Coupe du Monde.
Hossam Hassan était également à la tête de l’Égypte lors de la phase finale, tandis que d’autres entraîneurs africains ont joué un rôle central dans les parcours du Sénégal et des autres représentants du continent.
Cette évolution s’inscrit dans le prolongement de l’exploit réalisé en 2022 par Walid Regragui, devenu le premier entraîneur africain à atteindre les demi-finales d’une Coupe du Monde après avoir conduit le Maroc dans le dernier carré.

La formation des entraîneurs au cœur de la CAF Strategy Conference
Ces chiffres donnent un éclairage important aux discussions de la CAF Strategy Conference, qui vise à aller au-delà des seuls résultats des compétitions pour examiner les structures nécessaires à l’inscription des performances africaines dans la durée.
La formation des entraîneurs, la certification, le partage des connaissances ainsi que le renforcement des passerelles entre le football national et la gestion des équipes nationales de haut niveau seront au cœur de cette réflexion.
La Conférence analysera également les performances des dix représentants africains à la Coupe du Monde 2026 et cherchera à déterminer comment les enseignements tirés de la compétition peuvent être appliqués à l’ensemble des 54 Associations Membres de la CAF.
Il s’agira notamment d’analyser non seulement les performances des équipes sur le terrain, mais aussi la préparation des entraîneurs, l’accompagnement assuré par les départements techniques et les moyens de continuer à former des techniciens africains capables d’évoluer au plus haut niveau.
Pour la CAF, les chiffres enregistrés entre 2021 et 2026 témoignent de l’élargissement de la base technique du football africain.
Le prochain défi sera de garantir aux milliers d’entraîneurs formés et certifiés des opportunités, une formation continue et des parcours clairement définis à travers le football de jeunes, les clubs et les équipes nationales.
Le passage d’un seul entraîneur africain à la Coupe du Monde en 2010 à six en 2026, associé à près de 20 000 entraîneurs certifiés par la CAF en six ans, témoigne d’une dynamique qui commence à se traduire par davantage d’opportunités au plus haut niveau.
Alors que le football africain se tourne désormais vers 2030, la CAF Strategy Conference au Cap-Vert sera l’occasion de réfléchir aux moyens d’accélérer cette progression et de faire de cette génération plus nombreuse et mieux formée d’entraîneurs africains l’un des piliers de la prochaine phase de développement du football sur le continent.





