À l’approche de ses adieux à l’Albiceleste, retour sur la contribution incomparable de Lionel Messi en équipe d’Argentine.
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Après avoir porté le maillot argentin à 207 reprises et inscrit 125 buts, Lionel Messi s’apprête à tirer sa révérence avec l’Albiceleste
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Au-delà des statistiques et du palmarès, c’est une véritable icône qui prépare ses adieux
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La FIFA fait le bilan de son histoire avec la sélection argentine, entre contrariétés et extase
Personne ne veut manquer les célébrations douces-amères de l’Estadio Monumental en l’honneur de la retraite internationale de Lionel Messi. C’est le cœur serré que les fans mêleront le rire aux larmes, entre ovation ô combien méritée pour La Pulga et la tristesse de voir se refermer un chapitre si riche lors du match amical à venir contre le Bénin, ce mardi 6 octobre à 20h (heure locale).
« L’héritage que laisse Messi ne s’effacera jamais », a déclaré Lionel Scaloni avant cette série de matches amicaux qui se conclura ce mardi 6 octobre et permettra aux finalistes de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ de se jauger, dans cette époque de profonds changements. Le maillot n°10 ne sera pas réattribué pour le moment, à la demande du sélectionneur, dont le contrat s’achève en décembre.
« Ce sont des adieux très douloureux, mais on doit savourer ce moment avec Leo, car c’est vraiment unique », a déclaré Enzo Fernández, qui fait désormais partie des cadres de la sélection. « On mesure l’héritage qu’il laisse et combien il compte pour nous. »
Ce moment chargé en émotion pour tout un peuple – et au-delà – est l’occasion de revenir sur son histoire sous le maillot iconique de l’Argentine
Des débuts compliqués
Au début des années 2000, Lionel Messi faisait déjà des étincelles dans les équipes de jeunes du FC Barcelone, mais il demeurait largement méconnu en Argentine, ayant quitté le Newell’s Old Boys à l’âge de 13 ans. Voyant son fils oublié par les sélectionneurs nationaux juniors, Jorge Messi a alors eu une idée.
Il a créé une compilation d’actions de Leo et trouvé le moyen de transmettre la VHS à l’encadrement de la sélection sénior, à l’occasion d’un stage en Europe. La première personne à regarder cette vidéo a été Claudio Vivas, l’adjoint de Marcelo Bielsa, alors à la tête de l’Albiceleste.
« Remets-la à vitesse normale, je ne peux pas la regarder comme ça », avait râlé Bielsa quand Vivas la lui a montré dans sa chambre d’hôtel, persuadé de voir la vidéo en accéléré. « Mais c’est la vitesse normale, Marcelo ! », lui a répondu son adjoint. Bielsa était sous le choc. « Il est phénoménal », a glissé le coach.
Quelques mois plus tard, la cassette a atteri sur le bureau d’Hugo Tocalli, qui dirigeait les sélections juniors argentines avec José Pékerman et qui a rapidement demandé à la Fédération Argentine de Football d’organiser à la hâte un match amical pour lui offrir sa première sélection, et assurer ainsi son avenir en équipe d’Argentine. Et le mois suivant son sacre à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Pérou 2005™, ce fut chose faite.
Le 17 août 2005, Lionel Messi a enfilé la tunique albiceleste pour la première fois en foulant la pelouse du Stade Ferenc-Puskás de Budapest pour aider modestement l’Argentine à s’imposer 2-1 face à la Hongrie.
L’auguste n°10 a toujours entretenu une relation passionnelle avec la sélection. Si sa première sélection s’est soldée par une minute de jeu et un carton rouge, il n’a jamais su refuser l’appel de l’équipe d’Argentine. Même après la finale de la Copa América de la CONMEBOL 2016, perdue aux tirs au but contre le Chili (0-0 a.p., 4 tab à 2), où il avait lancé que l’équipe nationale n’était « pas pour moi ». Son histoire d’amour a duré pendant plus de 20 ans, ponctuée de plus de 200 sélections.
Les records de Messi en Coupe du Monde
Leadership
Une anecdote résume à elle seule le rôle de leader qu’occupait Messi. Retour à la Coupe du Monde de la FIFA 2022 au Qatar. Alors champions d’Amérique du Sud en titre et invaincus depuis 36 matches, les Argentins se sont inclinés d’entrée contre l’Arabie saoudite (2-1). La malédiction de la compétition reine semblait se poursuivre pour ce joueur qui disputait là sa cinquième édition personnelle.
Malgré le choc de ce revers et la mine fermée de tous les joueurs, un seul est allé à la rencontre des médias, s’arrêtant à tous les micros sans exception et répondant à toutes les questions : Lionel Messi. Offrant réponses et matières à réflexion, il a surtout adressé un message au pays : « Les fans doivent avoir foi en nous. On ne vous laissera pas tomber. »
Et il a tenu parole : comme il avait mené l’Albiceleste au titre à la Copa América l’année précédente, Messi a guidé son équipe jusque sur le toit du monde, au terme d’un parcours mémorable et d’une finale inoubliable contre la France (3-3 a.p., 4 tab à 2).
En fait, le leadership de Messi n’a fait que grandir au fil des années, depuis le moment où Diego Maradona lui a confié le brassard à la Coupe du Monde de la FIFA 2010, jusqu’à la finale du Mondial 2026 au Stade de New York New Jersey.
Un refus d’abdiquer ancré en lui
Cette volonté de fer et sa foi inébranlable ont ponctué sa carrière et ont encore une fois été omniprésents lors de la Coupe du Monde 2026, où les hommes de Scaloni ont livré un véritable récital de montagnes russes émotionnelles.
La Pulga ne s’est jamais arrêtée de courir contre le Cap-Vert, malgré la chaleur écrasante de Miami (victoire 3-2 a.p.). Il a refusé de baisser les bras contre l’Égypte, trouvant un espace sur l’aile droite, où il a semblé retrouver les jambes de son adolescence (succès 3-2 sur le fil). Le joueur de 39 ans a ensuite confisqué le jeu contre l’Angleterre en demi-finale, livrant deux passes décisives pour aider l’Argentine à signer l’un des plus beaux retournements de situations de son histoire (2-1).
Après la défaite contre l’Espagne en finale (1-0 a.p.), c’est la tête haute, les bras dans le dos et les larmes coulant sur ses joues qu’il a communié avec les supporters argentins.
« Je veux terminer ma carrière en ayant gagné un titre avec l’Argentine, ou à défaut, en ayant tenté le plus de fois possible d’y parvenir », avait déclaré Messi en 2019. « Je ne veux pas partir en ayant le sentiment d’avoir échoué parce que je n’avais pas su saisir les opportunités. Je veux me relever, essayer encore une fois, et être présent. »
Les dieux du football l’ont entendu et largement récompensé de ses efforts, avec deux titres en Copa América et la Coupe du Monde 2022 – en plus du sacre au Mondial U-20 et à la médaille d’or au Tournoi Olympique de Football de Pékin 2008.
Au coup de sifflet final du Mondial 2026, bien qu’abattus, les supporters argentins se sont levés, ont fait tourner leurs maillots et ont chanté, alors que leur n°10 était écrasé par la douleur de cette deuxième finale mondiale perdue. Et à ce moment précis, Messi a réalisé un exploit totalement inédit dans l’histoire de sa nation : faire ressentir de la fierté aux Argentins, même dans la défaite.





