Malgré des remous en coulisses, la nouvelle ère du Portugal a démarré sur les chapeaux de roue avec quatre succès sur quatre possibles.
-
Le Portugal a fait sensation sous les ordres de Jorge Jesus
-
Le nouveau sélectionneur portugais a en effet remporté ses quatre premiers matches à la tête de l’équipe
-
La FIFA revient en détails sur ce départ canon
Pour son début de règne à la tête du Portugal, Jorge Jesus ne pouvait pas espérer mieux. Son équipe a en effet engrangé quatre victoires en quatre matches en Ligue des Nations de l’UEFA : contre le Pays de Galles à Lisbonne (1-0), face à la Norvège à Oslo (2-1), contre le Danemark à Copenhague (4-2) et une nouvelle fois contre les Norvégiens à Porto (2-1).
Cette séquence a assuré aux Lusitaniens la qualification pour la phase suivante et leur a permis de consolider leur place de leader avec 12 points. La différence de buts, avec neuf marqués et quatre encaissés, n’a fait que renforcer la solidité du football présenté par les Portugais lors de cette fenêtre internationale.
Plus que les chiffres, c’est la manière avec laquelle le Portugal l’a emporté qui a impressionné, surtout face à des adversaires d’une telle stature.
La Norvège d’Erling Haaland, sensation de la dernière Coupe du Monde, qui avait éliminé le Brésil pour atteindre les quarts de finale, s’est inclinée à deux reprises face aux Portugais, en concédant notamment une défaite à Oslo, où elle n’avait plus perdu depuis mars 2024. Le Danemark a également succombé à l’intensité portugaise, ainsi qu’à sa supériorité technique et tactique.
Mais comment Jorge Jesus a-t-il réussi à cueillir les fruits si tôt lors d’une aventure commencée il y a peu ? Et ce, sans grande révolution dans sa liste des convoqués ? La FIFA revient sur les principaux enseignements du début de l’ère Jesus.
La même équipe, mais de nouvelles idées
La liste de Jorge Jesus comportait seulement quatre nouveautés par rapport au groupe qui a disputé la Coupe du Monde de la FIFA 2026™. Interrogé sur cette continuité lors de sa présentation comme sélectionneur, le « Mister » a été clair : les noms sont peut-être les mêmes, mais les idées sont nouvelles.
Des paroles aux actes : de ces quatre joueurs qui n’ont pas participé à la Coupe du Monde, seul João Palhinha a joué quelques minutes, mais l’entraîneur a montré que c’est le modèle de jeu qui était le plus important.
« Je n’ai pas un groupe qui m’obéit aveuglément. J’ai un groupe qui croit dans le projet du coach. Ils croient en mes idées, et comme ils ont beaucoup de qualités individuelles, tout est plus facile », a déclaré Jorge Jesus.
Dans un entretien au journal A Bola, l’entraîneur portugais Renato Paiva, actuellement aux commandes de Santos Laguna, a analysé l’approche de Jorge Jesus vis-à-vis de l’équipe portugaise composée de vedettes : « Je vois une équipe plus organisée et les joueurs sont à leur place naturelle. Avant, je sentais qu’ils étaient utilisés avec des adaptations, mais maintenant, leurs caractéristiques sont davantage mises en valeur. »
Le nouveau positionnement de João Félix sur le terrain est ce qui a le plus attiré l’attention à cet égard, et nous en reparlerons un peu plus loin.
De son côté, Stale Solbakken, sélectionneur de la Norvège, a été témoin de l’impact du football pratiqué au cours des deux dernières semaines : « Le Portugal est peut-être, avec la France et l’Espagne, l’une des trois meilleures sélections d’Europe en ce moment. »
Pressing haut
Au-delà du positionnement des joueurs, sur le plan tactique, la plus grande transformation a été ressentie par les adversaires dans l’intensité du pressing. Brian Riemer, sélectionneur du Danemark, a admis : « Aujourd’hui, nous avons peut-être été surpris par un pressing plus agressif, ce qui a compliqué notre tâche. Le Portugal est le Portugal. La qualité individuelle est exceptionnelle. »
Renato Paiva a également souligné ce nouveau standard et a ajouté un nouvel élément qui pourrait être davantage mis en œuvre à mesure que Jorge Jesus retrouvera le groupe : « Le Portugal a des idées claires, exerce un pressing haut et cherche à récupérer le ballon, parfois même en frôlant le marquage individuel, qui est tellement à la mode. »
Le duo d’attaque a fonctionné
João Félix et Gonçalo Ramos ont fait preuve d’une bonne entente et d’efficacité. Grand artisan de cette dynamique offensive avec le Portugal, Félix bénéficie désormais d’une plus grande liberté de mouvement dans le secteur offensif, où il évolue presque comme un véritable attaquant de pointe.
Il affirme avoir toujours considéré ce poste comme celui qui lui convenait le mieux et que, sous les ordres de Jorge Jesus à Al-Nassr, cette approche avait déjà très bien fonctionné.
De son côté, Ramos a marqué lors de trois matches consécutifs pour la première fois avec la sélection, le dernier de ces buts ayant permis de sceller la deuxième victoire contre la Norvège, sur une passe décisive de Félix.
Renato Paiva a rappelé les débuts de cette association, à l’époque où ils évoluaient encore chez les jeunes du Benfica : « Ils jouaient déjà comme ça lorsque je les entraînais chez les moins de 17 ans [du Benfica]. Le secret avec João Félix, c’était de le repositionner à son véritable poste. »
« Il est arrivé au club en tant qu’ailier, en raison de sa constitution physique plus frêle », a poursuivi Paiva. « Nous avons commencé à l’utiliser sur l’aile, mais nous avons rapidement vu ses qualités pour faire des passes décisives et marquer. Nous l’avons alors repositionné en soutien de l’attaquant. »
De la continuité aussi en défense
Pour privilégier ce jeu plus offensif et agressif, Jorge Jesus a affiché sa confiance dans la solidité de sa ligne défensive. Le gardien Diogo Costa et les défenseurs centraux Rúben Dias et Renato Veiga sont les seuls à avoir disputé l’intégralité des minutes, tandis que João Cancelo et Nuno Mendes ont également été titularisés lors des quatre rencontres.
Alors que la situation de Cristiano Ronaldo a fait des remous et a occupé le devant de la scène pendant cette trêve internationale, l’équipe de Jesus a discrètement enchaîné quatre matches de haut vol et peut évidemment considérer que le début de cette nouvelle ère est une franche réussite.





