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le 20 octobre 1976, Diego Maradona disputait son premier match professionnel avec Argentinos Juniors! Maradona, le gamin qui se relevait toujours

le 20 octobre 1976, Diego Maradona disputait son premier match professionnel avec Argentinos Juniors! Maradona, le gamin qui se relevait toujours
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HIBAPRESS-RABAT-FIFA

Il y a 50 ans ce jour, le 20 octobre 1976, Diego Maradona disputait son premier match professionnel avec Argentinos Juniors. Sans peur aucune.

Diego Maradona sous le maillot d'Argentinos Juniors

Tous ceux qui gravitaient à cette époque autour d’Argentinos Juniors le connaissaient, au moins de nom – des supporters aux jeunes du centre de formation, en passant par les intendants, les employés du club et les joueurs du groupe professionnel. Tout le monde avait entendu parler, en bien, de la génération 1960, qui enchaînait les victoires et rassemblait des individualités aussi douées qu’ambitieuses. Dans ce groupe, un gamin sortait du lot : Diego Armando Maradona. Cheveux longs et bouclés, pied gauche soyeux, numéro 10 dans le dos, l’enfant de Villa Fiorito était fréquemment convié à la mi-temps des matches du championnat de Première division pour montrer ce qu’il savait faire avec un ballon.

Lorsqu’il a été intégré au groupe pro, les joueurs les plus rugueux, comme Ricardo Pellerano, Carlos Fren et Miguel Gette, l’ont rapidement mis au banc d’essais. Au stade ou au centre d’entraînement d’Argentinos Juniors, il a subi un baptême du feu plutôt musclé… Dès qu’il contrôlait le ballon et qu’il plaçait une première feinte, un coup de pied, une poussette ou un tirage de maillot venait couper sa progression. Immédiatement suivi d’une tape amicale sur la tête ou la joue, une fois le garçon à terre. Puis ils s’excusaient et lui demandaient si tout allait bien, s’il n’y avait rien de grave. Diego est allé au sol une fois, deux fois, mille fois. Mais jamais il ne s’y est attardé. Il s’est toujours relevé immédiatement. Avant de se lancer derechef dans une série de dribbles, feintes, roulettes et accélérations dont il avait le secret.

Le talent fou annoncé avant même son arrivée au centre de formation commençait à se matérialiser à l’échelon professionnel. Mais, au-delà des qualités techniques, quelque chose d’autre caractérisait Maradona : il ne se laissait pas intimider.

Diego Maradona - Argentinos Juniors

« Les entraînements, ce n’était pas une partie de plaisir. À cette époque, l’un des objectifs, c’était de voir si les jeunes étaient vraiment prêts pour le haut niveau. Il fallait faire ses preuves. Mais lui, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Il se relevait aussi vite et il revenait te dribbler. Il revenait toujours, » se remémore Rubén Giacobetti, son coéquipier à l’époque, au micro de la FIFA.

Le 20 octobre 1976, Diego Maradona a débuté sous les couleurs d’Argentinos Juniors alors que le club était englué dans le ventre mou du championnat et s’efforçait de s’éloigner des places de relégable. Ce mercredi-là, son club affrontait une solide équipe de Talleres de Córdoba qui comptait dans ses rangs trois futurs champions du monde : Luis Galván, Miguel Oviedo et Daniel Valencia.

Comme cela arrive souvent avec les matches entrés dans l’histoire, des milliers de personnes revendiquent avoir assisté en direct au moment précis où, juste avant la reprise, l’arbitre assistant a levé une tablette en bois portant le numéro 16 avant qu’un adolescent aux grandes boucles brunes pénètre sur le terrain au petit trot. À 15 ans, 11 mois et 20 jours, il devenait alors le plus jeune de l’histoire du football professionnel argentin. Le magazine El Gráfico, une institution de la presse sportive locale, recensait la présence de 7 500 spectateurs.

« Giacobetti, tu peux te rhabiller. Le gamin va entrer à ta place », avait dit l’entraîneur dans les vestiaires. Plus tard, il a rendu publics les mots qu’il a soufflés à l’oreille du jeune Diego : « T’y vas, tu joues ton jeu et, dès le premier ballon, tu tentes un petit pont ».

Diego Maradona - Argentinos Juniors

Personne ne se souvient s’il a fait ça d’emblée ou non, mais tout le monde confirme qu’il a essayé. Preuve qu’en plus d’endurer les coups, le gamin avait le culot de reproduire dans un match officiel tout ce qu’il faisait à l’entraînement.

« Ce qui m’a le plus frappé ce jour-là, c’est le peu d’espaces qu’on avait. Le terrain m’a semblé petit par rapport à celui du centre de formation. En revanche, pour les coups, c’était l’inverse (…) Sur le plan footballistique, ce jour-là, j’ai changé de dimension. J’ai compris que quelque chose de nouveau démarrait pour moi », écrira Maradona dans son autobiographie Moi, Diego, parue en 2001.

« Ces débuts en Première division ne l’ont pas transformé. Il était toujours lui-même. Mais nous, ça nous a permis de comprendre qu’il était différent. La perception a changé dans le vestiaire. Plus question de le mettre à l’épreuve à l’entraînement, il fallait maintenant le protéger », souligne Giacobetti. Très vite, ce groupe a donc commencé à savourer sa présence. Maradona adorait se lancer des défis, par exemple toucher la transversale ou viser les sacs à ballons depuis différentes positions. Et le plaisir s’est ainsi rapidement mué en fascination.

Plus son temps de jeu augmentait, plus le nouveau numéro 10 cesserait d’être une promesse pour devenir une évidence. « Pour lui, tout coulait de source. Il ne ressentait aucune pression. Pour lui, c’était naturel », souligne Giacobetti. Et d’expliquer : « Quand il décidait de t’éliminer, il t’éliminait ».

Diego Maradona au Mondial U-20 en 1979
Découvrez un florilège d’actions de Diego Maradona lors de la Coupe du Monde U-20, au Japon en 1979.

Ce jour-là, Argentinos Juniors s’est incliné 1-0 face à une équipe mieux classée, mais qui ne se battrait pas pour le titre. C’est le Boca Juniors de Juan Carlos Lorenzo qui s’imposerait, avant de réussir un doublé (1977 et 1978) en Copa Libertadores. Malgré la défaite, cette rencontre a donné le sourire au club de La Paternal, qui a vu débuter un joueur au talent et à la personnalité hors du commun. Il s’agissait là des débuts d’une immense carrière mais aussi l’éclosion du premier talent reconnu d’un centre de formation qui allait ensuite produire des joueurs tels que Sergio Batista, Claudio Borghi, Fernando Redondo, Esteban Cambiasso ou Juan Román Riquelme. C’était à la fois un centre de formation et une école de la vie.

Après s’être imposé dans le onze titulaire (il marquera 116 buts avec Argentinos Juniors) viendraient son premier match en équipe d’Argentine, la douloureuse absence à la Coupe du Monde de la FIFA 1978, un titre à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 1979, puis le départ vers Boca Juniors en 1981.

Giacobetti se rappelle que, grâce à son physique robuste, le tout jeune Maradona était déjà dur au mal. Au fil des mois, grâce au renforcement de ses membres inférieurs et de son buste, il est devenu plus explosif. Son corps a changé mais pas sa réaction vis-à-vis des interventions brutales qu’il subissait match après match. Il est toujours resté fidèle à celui des premières séances d’entraînement avec les pros, qui recevait des coups, se relevait sans broncher et repartait à l’attaque. C’est la seule chose qui comptait pour lui, son seul moteur sur un terrain de football.


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