HIBAPRESS – Abdel Latif Berka
Plus de sept douars dans la zone ouest de la commune d'Isen dans la province de Taroudant (cercle d'Oulad Teima), dont le douar "Douira" et Ait Chioukh, font face à une crise de soif étouffante et sans précédent qui a duré plus d'un mois complet, en raison d'une interruption totale et stricte de l'approvisionnement en eau potable de leurs robinets, obligeant des milliers de citoyens à vivre sous le poids d'une souffrance quotidienne amère qui coïncide avec les fortes vagues de chaleur que la région a connues.
Face à cette situation catastrophique et à l'absence de solutions radicales, la population affectée a lancé un appel de détresse urgent au Wali de la région de Souss-Massa, Said Amzazi, pour une intervention personnelle et immédiate afin de mettre fin à la marginalisation et à ce qu'ils ont qualifié de "punition collective", après que leurs voix se soient émoussées à demander aux autorités locales d'agir.
Les habitants ont exprimé leur profond mécontentement d'être obligés de parcourir de longues distances ou de supporter des dépenses financières exorbitantes pour acheter de l'eau de citernes dont la salubrité n'est pas garantie, malgré leur engagement constant à payer régulièrement leurs factures de consommation à l'office communal.
Dans une tentative d'endiguer les protestations croissantes, les services de la province de Taroudant, par le biais du conseil provincial, ont déployé des camions-citernes mobiles pour assurer le minimum d'eau ; une mesure que la population a considérée comme de simples "pansements temporaires" qui ne sont pas à la hauteur de la crise structurelle.
Dans le contexte de cette crise, une profonde consternation et un malaise politique règnent parmi les personnes affectées, qui se sentent désormais témoins d'"une double discours claire" du président du conseil communal d'Isen, affilié au Parti de la Justice et du Développement. Alors que le président fait des déclarations affirmant que des efforts intensifs sont déployés et que la coordination avec les autorités est en cours pour résoudre la crise, les habitants constatent sur le terrain une inertie qui se traduit par une absence de communication officielle transparente fixant un délai pour le retour de l'eau ou expliquant les véritables raisons techniques de cette longue interruption.
Cet écart entre les promesses et la réalité a alimenté de fortes craintes et des doutes chez la population et les organisations de la société civile, quant à la possibilité que la privation des sept douars en particulier de cette ressource vitale soit liée à des règlements de comptes politiques étroits, et à une punition voilée sur fond des résultats et des orientations de la population lors du scrutin du 23 septembre dernier.
Les acteurs locaux ont considéré que lier le droit à l'eau potable à la loyauté politique constitue une violation grave des droits constitutionnels des citoyens.
Pour sa part, le président de la commune reporte la gestion des solutions durables futures à la responsabilité de la société régionale multiservices "Souss-Massa", chargée de la gestion du secteur de l'eau et de l'électricité dans la région. Cependant, la population ne peut plus supporter d'attendre face à l'ampleur de la soif, exigeant du Wali Amzazi l'ouverture d'une enquête transparente sur la manière de gérer les puits communaux actuels, et d'agir pour creuser de nouveaux puits près de l'oued Souss pour sauver la région de la sécheresse, et barrer la route à toute exploitation politique du secteur de l'eau potable.





