Algérie : le pouvoir se fissure

Hibapress

Ce mardi, le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Gaïd Salah, a suggéré le départ de la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Un véritable tournant dans les bouleversements politiques que connait l’Algérie ces dernières semaines. Représentant du pouvoir militaire, la voix de Gaïd Salah, pèse lourd dans le débat public algérien. 79 ans, le général Ahmed Gaïd Salah, a toujours fait figure d’appui à l’actuel président.

Lors de la réélection de Bouteflika en 2004, l’ex-chef d’état-major, Mohamed Lamari, s’oppose à un deuxième mandat du président sortant. Un avis qu’il paiera puisque Bouteflika le remplace hâtivement et place à la tête de l’armée algérienne, Gaïd Salah.

Depuis, le général soutient le président Bouteflika contre vents et marées, jusqu’à ce mardi 26 mars. Véritable signe du virage politique qu’entreprend l’Algérie et de la chute du clan Bouteflika.

Rétropédalage politique

La mobilisation populaire ne s’affaiblit toujours pas dans les rues algériennes. Par suite du renoncement au cinquième mandat par le président sortant, le prolongement du quatrième et actuel mandat fait toujours l’objet de contestations intenses. Des centaines de milliers d’algériens s’opposent avec férocité, avec ce qu’ils considèrent comme « une temporisation par le pouvoir ».

Pourtant le pouvoir politique, autrefois unanime, dévoile une pluralité d’opinions inédite dans le paysage politique algérien. Ainsi, certaines personnalités politiques, remettent en cause publiquement leur soutien au clan Bouteflika. Le porte-parole du Rassemblement national démocratique, parti de la majorité, Seddik Chiheb, déclare sur la chaine de télévision El Bilad TV, que « personne ne peut arrêter la marche de l’histoire ou la volonté populaire ».

L’intervention du porte-parole est rapidement désavouée par le parti. « Monsieur Seddik Chiheb, porte-parole du RND, a accordé un entretien à une chaîne de télévision nationale. Le débat a été mené (par l’animateur, NDLR) avec un style parfois provocateur et dirigé qui a amené notre camarade à s’emporter et parfois à s’éloigner des positions connues du RND » précise le communiqué publié par le parti d’Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre algérien.

Une position contredite par un deuxième communiqué publié ce 27 mars, dans lequel le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, appelle le président algérien Abdelaziz Bouteflika à démissionner.  Ce rétropédalage brutal est significatif de la fluidité actuelle de l’échiquier politique algérien.

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