Le “Smart Bac”, l’invention qui va révolutionner l’agriculture marocaine

0
209

Hibapress

Dans les locaux de l’usine à startup « LaFactory », à Casablanca, Redouane Elalj, nous présente le projet phare de sa startup EJ Solutions, le « Smart Bac ». Un produit qui compte révolutionner la logistique agricole du Royaume.

Hygiène, qualité et transparence sont les objectifs de cette nouvelle invention 100% marocaine. Inventée et produite par Redouane Elalj et Noureddine Famma, le « Smart Bac » possède un potentiel d’impact gigantesque sur l’écosystème agricole marocain.

Pouvez-vous nous présenter le concept du « Smart Bac » ?

C’est un « bac intelligent » ou un « conteneur intelligent », doté de trois fonctions, la conservation grâce à un système de refroidissement, l’analyse permanente du produit contenu -grâce à plusieurs capteurs reliés à un système de contrôle-, et enfin, la communication et l’envoi d’informations. Des fonctions à l’origine de nombreux bienfaits pour la logistique du secteur agricole marocain.

Le concept semble pouvoir s’appliquer à un nombre illimité de secteurs. Allez-vous vous concentrer sur un segment en particulier ?

Effectivement, le potentiel est illimité. Mais pour l’instant nous allons commencer par le secteur laitier. Les « Smart Bac » pourront être utilisés par les compagnies laitières, ramasseurs et éleveurs. La collecte de lait est criblée d’insuffisances et de déficiences. Des conteneurs – simple bidons en plastique – ne suivent aucunes normes d’hygiène et manquent de capacités de refroidissement et de conservation. Collecté par des ramasseurs, le lait peut séjourner pendant une durée minimum de six heures. Une période bien trop longue pour un produit aussi délicat que le lait et cela peut s’avérer dangereux d’un point de vue sanitaire et qualitatif. Le « Smart Bac » pourra supprimer les défauts de ce système archaïque.

Justement, comment votre invention impactera concrètement ce système ?

C’est extrêmement simple. Tout d’abord, le système de refroidissement du « Smart Bac » permet de maintenir la température du lait à -4 degrés, une température optimale pour les produits laitiers. Les capteurs intégrés à l’intérieur, permettront d’assurer la qualité du lait. De plus, doté d’un GPS, le « Smart Bac » permettra le suivi en temps réel de la livraison, des lors, si un changement d’itinéraire intervient– accidentel ou à la suite d’un vol -, le « Smart Bac » cesse de fonctionner. Cela fournit une assurance de qualité et de sécurité à tous les acteurs du marché.

Aujourd’hui, pourquoi un agriculteur adopterait le « Smart Bac » ? Le « système archaïque » semble toujours fonctionner et cette nouvelle invention ne sera-t-elle pas uniquement perçue comme un coût supplémentaire et superflu ?

C’est un risque effectivement. Mais le « Smart Bac » apporte énormément de bénéfices pratiques et financiers aux éleveurs et agriculteurs marocains. Premièrement, le lait restera de bonne qualité jusqu’à la livraison. Or, les compagnies laitières rémunèrent en fonction de cette qualité, un surplus qualitatif signifie donc un surplus financier. Deuxièmement, certains éleveurs mélangent leurs lait, avec de l’eau notamment. Un éleveur pourra maintenant être récompensé pour un « lait pur ». Enfin, l’éleveur sera payé immédiatement. Auparavant, le paiement se faisait plusieurs semaines après la livraison à la coopérative par les ramasseurs. Un système qui sera révolu car le « Smart Bac » est scellé et ne peut être ouvert que par le ramasseur. Or notre produit garantit une certaine qualité proposée par l’éleveur. Dès lors, une fois que celui-ci place un certain volume, l’information est directement envoyée aux serveurs de la compagnie laitière qui procèdera directement au paiement. Cela fournit une véritable transparence et une fluidité de liquidités inédite pour les éleveurs.

Nous sommes aujourd’hui dans les locaux de LaFactory, pouvez-vous nous parler de leurs rôles dans le parcours du « Smart Bac » et de votre startup ?

Nos compétences nous ont permis d’élaborer le « Smart Bac ». Le rôle de LaFactory a été crucial dans toute la dimension commerciale et « B to B ». lls nous ont permis d’apprendre dans ces segments-là. Le réseau de LaFactory nous a soutenu et orienté. Ainsi, nous avons pu profiter d’un programme de la CCG, « New Idea », qui ont pu financer la machine permettant la production des « Smart Bac ». Jusque-là nous comptions sur une sous-traitance qui aurait pu s’avérer plus coûteuse, grâce à LaFactory nous pourrons produire nous-même nos prototypes. Un avantage considérable qui nous a rapproché considérablement de nos premiers bons de commandes.

Charger plus dans A LA UNE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À Découvrir Aussi

BENI MELLAL Le Conseil provincial a récemment tenu sa session ordinaire de juin 2019.

SAID FRIX Récemment, le Conseil provincial a tenu sa session ordinaire de juin 2019 en pré…