L’ÉLEVAGE,  CAUSE PREMIÈRE DE DÉFORESTATION DES GRANDES FORETS MONDIALES : EXPLICATIONS

L’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation au Brésil (Margulis, 2004). Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable à 63 % de la destruction de la forêt amazonienne (Greenpeace, 2016).

Avec une superficie de 5,5 millions de km², la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt primaire tropicale de la planète. Durant les quarante dernières années, près de 800 000 km2 de forêt amazonienne ont été détruits. Grâce aux efforts du gouvernement brésilien, le rythme de la déforestation s’est ralenti depuis le milieu des années 2000 et tourne aujourd’hui autour de 6 000 km² par an au Brésil, ce qui reste très élevé.

La déforestation a causé 12 % des émissions mondiales de GES entre 2000 et 2005 (Congressional Budget Office, 2012), chiffre qui a légèrement diminué depuis. Elle perturbe le cycle de l’eau (la végétation et l’humus stockent et diffusent l’humidité) et réduit la biodiversité par la destruction de l’habitat de millions d’espèces végétales et animales.

En outre, le compactage des sols, piétinés par le bétail, empêche les infiltrations d’eau et provoque des ruissellements qui érodent les sols et privent d’eau les derniers végétaux, rendant les terres inutilisables.

La question du stockage de carbone par les prairies destinées à l’élevage est complexe et ne peut pas être tranchée en un simple paragraphe. Ce stockage dépend de nombreux facteurs : conditions climatiques, composition des sols, ancienneté des prairies, intensité du pâturage… Selon les cas, les prairies peuvent stocker moinsautant, ou plus de carbone que les forêts.

Ce stockage de carbone peut compenser en partie les émissions de l’élevage dues à la fermentation entérique et aux déjections des animaux. Par ailleurs, l’utilisation des prairies ne concerne que l’élevage des ruminants, souvent nourris avec des céréales et tourteaux en complément de l’herbe.

L’élevage peut avoir un impact environnemental moindre grâce aux prairies, mais il ne faut pas oublier que son rendement par hectare est très faible : on élève en moyenne 1,5 grand bovin de 600 kg par hectare… (Agreste, 2006) Sachant que la viande consommable représente environ 37 % du poids d’une vache, on aurait une productivité de 333 kg par hectare. (Interbev, la-viande.fr)

À titre de comparaison, un hectare de culture en France produit 3 tonnes de soja (FAOstat, 2017), qui contient 50 % de protéines de plus que la viande de bœuf (Anses Table Ciqual, 2016). Si l’utilisation des terres non arables en pâturage peut s’avérer avantageuse, il apparaît clairement que ce n’est pas une solution pour nourrir une population croissante.

 

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