DES MILLIERS DE CASABLANCAIS EN DANGER DE MORT À CAUSE DES MAISONS MENAÇANT RUINE

À Casablanca, quelque 30% des habitations datent de plus de 50 ans. Dans cette catégorie de plus ou moins vieilles bâtisses, plus de 51% sont classées comme menaçant ruine. Face à ce danger permanent de mort pour des dizaines de milliers de Bidaouis, la sonnette d’alarme a été tirée.

 

L’arrondissement de Mers Sultan vient d’organiser une rencontre sur la loi 94-12 de 2016, relative aux édifices menaçant ruine, qui servait d’approche au ministère de l’Habitat et la politique de la ville en vue de moderniser et réhabiliter les anciens bâtiments, qu’ils soient administratifs ou à usage d’habitation.

 

À Casablanca, les anciens édifices sont principalement concentrés dans les quartiers de l’ancienne médina, Anfa, El Fida et Mers Sultan. Or ce dernier quartier, selon le quotidien Assabah de ce vendredi 1er décembre, comptait quelque 1.411 maisons menaçant ruine en 2012. Un millier de ces vieux bâtiments a été réduit à néant par les pelleteuses, alors que quelque 400 autres attendent le même sort, avant qu’ils ne s’écroulent sur les têtes de leurs habitants.

 

C’est bien évidemment face à ce danger permanent que plusieurs cadres du ministère de l’Intérieur, des élus locaux et des représentants d’associations de la société civile ont organisé la rencontre de Mers Sultan en vue de tirer la sonnette d’alarme. Il s’agissait aussi pour les participants de mettre le doigt sur les dysfonctionnements de l’approche suivie jusqu’ici par le ministère de l’Habitat. En effet, selon Assabah, plus de 4.000 édifices, réhabilités par le département de tutelle, peuvent être toujours être considérés comme menaçant ruine.

 

Pire, le relogement des habitants des maisons menaçant ruine se fait actuellement au compte-gouttes, puisqu’il n’a profité jusqu’ici qu’à 4.866 familles, casées dans des appartements de 3 pièces à 250.000 dirhams et sur la base de contrats signés avec Idmaj Sakane et la Société nationale d’aménagement communal (SONADAC).

 

Pour mettre à cette situation, où il est surtout difficile de déterminer la responsabilité parmi les nombreux et différents intervenants, la rencontre de Mers Sultan (organisée mercredi dernier) a donné lieu à une importante recommandation adressée au wali de la région de Casablanca-Safi, au ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, et au maire de Casablanca. Il a été ainsi exigé de mettre plus de moyens financiers aux mains des arrondissements pour leur permettre d’assurer une gestion de proximité de ces édifices menaçant ruine relevant de leur territoire.

 

Une autre recommandation préconise de créer une agence spécifiquement dédiée à la réhabilitation de ces édifices, tout en veillant au respect du patrimoine architectural urbain. En tout, faute de mesures urgentes, on estime que plus 50.000 Casablancais sont menacés de mort par les vieilles bâtisses dans lesquelles ils logent ou travaillent actuellement.

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