ALGÉRIE : EN L’ABSENCE DE GAID SALAH, LA MONTÉE EN FLÈCHE DU GÉNÉRAL LACHKHEM, QUI SOUTIENT TEBBOUNE À LA PRÉSIDENTIELLE. PORTRAIT

Qu’il s’agisse des interventions intempestives de la justice militaire, des sorties de jeunes en pleine nuit, des démissions en cascade des proches des candidats ou du poids de certains hauts gradés dans la campagne électorale, un climat délétère règne en Algérie moins d’un mois avant les Présidentielles du 12 décembre.

La campagne électorale en Algérie ressemble de plus en plus à une boite noire indéchiffrable. On sait de bonne source que des militaires très influents, dont le général Abdelkader Lachkhem, le puissant patron des transmissions au ministère de la Défense, soutiennent Abdelmajid Tebboune, l’ancien Premier ministre de Bouteflika qui est candidat aux Présidentielles du 12 décembre prochain. Lequel bénéficie de façon de plus en plus voyante des moyens de l’Etat et des fonds de quelques oligarques rescapés des purges actuelles.

Pour autant, un des principaux soutiens du candidat Tebboune, Omar Allilat, un homme d’affaires historiquement protégé par l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, vient d’être placé en garde à vue pour des soupçons de corruption.

L’intervention de la justice militaire au cœur de la campagne électorale n’est pas fortuite.

Des forces à l’intérieur du système œuvrent pour un scénario plus réaliste que le simulacre électoral qui se prépare.

Apparemment, une guerre sévère guerre des clans agite les hauts gradés algériens, qui se sont réunis, cette semaine, sans la présence de Gaïd Salah. En raison de la santé fragile de ce dernier, rattrapé par son age ? Ou en vue de sa possible mise à l’écart ? A ce jour, toutes les hypothèses circulent à Alger.

Le général Abdelkader Lachkhem, un des plus proches conseillers de Gaïd Salah dont le nom est souvent cité dans la course à la succession du chef d’état major, n’est pas le dernier à intervenir dans le processus électoral. Directeur des télécommunications et des services d’information du Ministère de la Défense, ce haut gradé occupe un poste clé pour surveiller et éventuellement frauder les résultats électoraux. Il entretient notamment les meilleures relations avec la ministre des Télécommunications nommée par Bouteflika et toujours en fonctions. Laquelle, en signe d’allégeance, a octroyé un projet public à Laghouat au fils Lachkham, dans la plus pure tradition du népotisme qui sévissait sous le rêgne de Boutelika.

Or ce militaire influent a mis ses réseaux au service de Tebboune, en rupture totale avec le principe d’égalité entre les candidats. Le même Lachkhem a renoué des contacts avec Mohamed Rougab, qui fut l’inamovible secrétaire particulier du président déchu jamais inquiété. Le même enfin a pesé en faveur du retour de l’actuel ministre de la Justice, Belkacem Zoghmati, un ancien partisan du général Toufik qui est resté treize années durant procureur général de la cour d’Alger, un record dans les annales.

Le général Lachkhem qui a réussi à imposer à Gaid la nomination de douze officiers aux centre d’écoute de Reghaia et de Ghermoul tisse ses réseaux également au sein des armées. Peu à peu, il est parvenu à mettre à l’écart du premier cercle de Gaïd Salah certains conseillers écoutés comme le Général Dahmani, ancien directeur central de l’action social.

Autant de soutiens mobilisés en faveur du candidat Abdelmadjid Tebboune, qui semble avoir le vent en poupe… Du moins avant la garde à vue du sulfureux ex député RND de Bejaia, le kabyle Omar Allilat, qui avait deja défrayé la chronique dans un article d’ »El Mundo » en 2016 alors qu’il se consacrait au commerce de l’alcool. Depuis quelques semaines, cet oligarque s’est affiché ouvertement auprès du candidat à la présidentielle et du fils de ce dernier. Les relations entre Tebboune et Allilat ne datent pas d’aujourd’hui. Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés en Turquie en fin 2017 où ils proposaient à des hommes d’affaires Turcs l’octroi des marchés en Algérie. Lire « Afriques En Lutte »

 

 

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