VOICI LE NOUVEAU VISAGE DE LA MALNUTRITION EN AFRIQUE ET EN EUROPE

Que voyez-vous lorsque vous vous représentez la malnutrition infantile ? Il y a 20 ans, cette représentation était saisissante: un enfant dangereusement dénutri qui n’avait pas suffisamment à manger.

Aujourd’hui, des millions d’enfants continuent de souffrir de malnutrition, mais le tableau évolue. Si le nombre d’enfants présentant un retard de croissance chute sur tous les continents à l’exception de l’Afrique, le surpoids et l’obésité augmentent sur chaque continent, y compris en Afrique, et ce, rapidement. À l’échelle mondiale, au moins la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de faim insoupçonnée – une carence en nutriments essentiels qui passe souvent inaperçue jusqu’au moment où ses effets sont irréversibles.

On assiste à la coexistence de ces trois formes de malnutrition (dénutrition, faim insoupçonnée et surpoids) dans de nombreux pays, y compris au sein d’un même foyer. Cela signifie qu’un pays peut être exposé au défi de traiter des niveaux élevés de retard de croissance, de carences en micronutriments et d’obésité ou que l’on peut trouver une mère en surpoids et un enfant présentant un retard de croissance au sein de la même famille. Ces tendances reflètent ce que l’on appelle le triple fardeau de la malnutrition, fardeau qui menace la survie, la croissance et le développement des enfants, des économies et des sociétés.

Et ce fardeau ne fait que prendre de l’ampleur. Il est frappant de constater qu’aucun pays n’a fait baisser les niveaux de surpoids et d’obésité au cours des 20 dernières années.

Cette situation nous amène à nous poser la question suivante: pourquoi tant d’enfants mangent-ils si peu les aliments dont ils ont besoin, tandis qu’un nombre croissant d’entre eux mangent en excès ceux dont ils n’ont pas besoin ?

Les chocs climatiques perturbent la production alimentaire et l’accès à la nourriture des familles vivant en région rurale, sachant qu’à elle seule, la sécheresse a provoqué 80 % des dommages et des pertes dans le secteur agricole. Dans les régions où la population est tributaire d’une seule culture comme le maïs, un choc touchant la production alimentaire a le pouvoir d’anéantir l’intégralité de l’approvisionnement alimentaire.

Les perturbations induites par les chocs climatiques forcent de plus en plus les familles à abandonner la campagne pour s’installer en ville, où les aliments transformés et les modes de vie sédentaires sont monnaie courante. Par ailleurs, les systèmes alimentaires étant responsables de près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre, l’essor de la production alimentaire industrielle ne fait qu’exacerber le réchauffement climatique.UNICEF

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
close button