FRANCE/ ABATTAGE SOUFFRANT ET SAUVAGE DES ANIMAUX DANS UN ABATTOIR : QUAND UN MINISTRE SE PLIE AUX PRESSIONS DES SYNDICATS. AHURISSANT !

Une semaine après les images d’enquête et les graves manquements révélés par l’Association française L214, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a annoncé le vendredi 28 février la suspension administrative de l’abattoir Sobeval en Dordogne.

Après que le ministre ait affirmé que les non-conformités mises en évidence par ces images n’étaient « pas avérées », des fuites de mails internes au ministère ont révélé la fabrique du doute qui opère au sein des services de l’État. Confronté à ses contradictions, Didier Guillaume a perdu son sang froid et arraché le micro des mains d’un journaliste de C à vous lors du salon de l’Agriculture… avant de nier en bloc son geste pourtant capturé par les caméras.

Mis au pied du mur, Didier Guillaume a demandé une inspection de la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires à l’abattoir Sobeval. « La polémique a enflé et je me suis aperçu qu’il fallait aller plus loin » a-t-il déclaré au micro de RTL. Suite à cette nouvelle inspection, il s’est enfin décidé à suspendre l’agrément de l’abattoir le 28 février et a reconnu dans un communiqué de presse qu’il existe « un manque de maîtrise des conditions d’abattage des animaux par les salariés de l’abattoir ».

Cette fermeture temporaire de l’abattoir faisait suite à des infractions entraînant des souffrances supplémentaires aux animaux mis à mort à Sobeval. Pourtant, des syndicats agricoles – les Jeunes Agriculteurs de Dordogne et la FDSEA 24 – ont exigé sa réouverture immédiate, et brandi la menace d’une mobilisation générale. Mardi matin, ils ont manifesté devant la préfecture de Dordogne et y ont déversé une tonne de fumier en signe de protestation. Pour ces syndicats, les enjeux financiers priment sur la souffrance des animaux.

Ce matin, la préfecture de Dordogne a annoncé la réouverture partielle de l’abattoir. Une tonne de fumier aura suffi à rouvrir un établissement fermé quelques jours plus tôt pour des « problèmes de formation des salariés », selon les mots du ministère.

Ce feuilleton ahurissant illustre une fois de plus l’incompatibilité entre la défense d’intérêts économiques privés et la prise en compte de la souffrance animale. Impossible d’espérer de réelles avancées pour les animaux tant que la « condition animale » dépendra du ministère de l’Agriculture. Cette mission doit être confiée à un ministère moins exposé à l’influence des lobbies de l’agroalimentaire.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
close button