Facebook et le militantisme pendant la pandémie

Hibapress

Le sociologue Abderrahim El Atri estime que le monde est passé, à travers Facebook, du militantisme de vive voix au militantisme derrière les écrans.

Intervenant lors d’une visioconférence axée autour du sujet « La pandémie du Covid-19 sur le réseau Facebook », M. El Atri a indiqué que « le citoyen est devenu un blogueur, un observateur et un rapporteur qui utilise ce champ comme une arme pour se défendre contre ce qui se passe dans la réalité ».

Lors de cette visioconférence initiée par le centre Koussour des études et de la recherche d’Errachidia, et diffusée lundi sur sa page Facebook, le sociologue a souligné qu’Internet « est devenu un septième continent qui nous engloutit, et les réseaux sociaux une autorité », notant « l’émergence de plusieurs types d’utilisateurs de Facebook, tels que le commentateur, le blogueur, l’observateur, celui qui partage, etc…

En ce qui concerne le Maroc, M. El Atri a déclaré que c’était l’un des pays les plus présents sur les réseaux sociaux, étant donné que 25 millions de citoyens marocains utilisent Internet, dont 18 millions ont un compte sur ces réseaux, se disant s’attendre à ce que ces chiffres augmentent en raison du confinement.

Le chercheur estime, en outre, que la pandémie du nouveau coronavirus a révélé un autre visage de Facebook, ainsi que l’émergence de plusieurs types de discours, dont les plus importants sont le discours du deuil (diffusion du nombre de blessures et de décès), le discours du divertissement (la blague), le discours médiatique, le discours scientifique et le discours politique.

À cet égard, il a relevé que la pandémie de Covid-19 a mis en lumière l’importance de la science et la nécessité d’une sociologie de la santé et que Facebook est devenu un espace pour réécrire une nouvelle réalité.

Après avoir salué le rôle joué par la presse professionnelle dans l’accompagnement de la pandémie, M. El Atri a critiqué ce qu’il a qualifié d’ »intrus » au domaine de la presse.

Par ailleurs, le sociologue s’attend à ce que le nouveau coronavirus soit « le début d’une ère et la fin d’une autre » car il aura des répercussions qui devront être reconsidérées, ajoutant que la pandémie a révélé l’impuissance inhérente de l’Homme. « C’est une pandémie qui nous a permis de penser à nous libérer des illusions, et à mettre en évidence l’ampleur de l’incertitude », a-t-il dit.

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