MALI : LA TURQUIE NARGUE LA FRANCE. LA NOUVELLE CARTOGRAPHIE GÉOPOLITIQUE ET GÉOSTRATÉGIQUE DANS LA ZONE SAHELO-SAHARIENNE

HIBAPRESS-RABAT-AGENCES

En quête d’influence et de coopération économique, les officiels turcs multiplient ces derniers mois les voyages en Afrique, notamment en Afrique francophone. C’est ainsi que le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlüt Cavusoglu, a atterri mercredi dernier au Mali pour une visite de trois jours qui le conduira par la suite en Guinée-Bissau à la rencontre du président Umaro Sissoco Embalô et au Sénégal à la rencontre du président Macky Sall.

Ces mini-ballets diplomatiques interviennent en écho aux tensions récurrentes en Méditerranée orientale où le président Erdogan tient en respect les forces navales grecques autour des activités de forage pétro-gazier dans des zones considérées comme helléniques.

Le déploiement naval et aérien français le mois dernier, au secours de Athènes, a fait reculer l’homme fort d’ Ankara sans le pousser pour autant à renoncer à ses ambitions.

Depuis quelques années, le président Erdogan poursuit une stratégie claire, à la fois géopolitique et idéologique, faisant écho à l’empire Ottoman et combinant l’agitation de la fibre religieuse (la re-transformation de l’église mythique Sainte Sophie en Mosquée), la lutte à mort contre les Kurdes (raison majeure de l’intervention en Syrie), la course aux ressources (les salamalecs en Libye) et, last but not least, la course vers les débouchés africains.

Narguant ses ex-colonies (Egypte et Arabie Saoudite), ignorant les Emirats Arabes-Unis, Ankara a pris langue avec la Russie, l’Iran et le Qatar, en cherchant à faire jouer le sunnisme contre le wahabisme. Or, contre toute vraisemblance, les soutiens de l’Occident (Washington, Paris et Londres) sont plutôt acquis à la famille Saoud.

En tout cas, ce voyage du ministre de Recep Tayyip Erdogan des Affaires Etrangères au Mali constitue un élément important dans la nouvelle cartographie géopolitique et géostratégique de la nouvelle realpolitik qui se dessine dans la zone Sahelo Saharienne. Au menu des échanges, la coopération dans les domaines économiques et militaires.

Pour le moins, cet intérêt turc pour le Sahel, dans l’arrière cour d’Alger et à portée de jumelles du Maroc, risque d’accélérer la construction d’une base militaire des Emirats Arabes Unis au Nord de la Mauritanie en vertu d’un accord conclu par le nouveau président mauritanien lors de son déplacement aux Emirats Arabes Unis, voyage au terme duquel, ce pays à cheval entre l’Afrique du Nord et de l’Ouest, partageant 2 300 km de frontières avec le Mali, s’est retiré de l’influence du Qatar, ce qui ne sera pas sans répercussions à Kidal.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
close button