Fake News : Les patrons des réseaux sociaux sermonnés au Congrès américain

Hibapress

Les dirigeants de Facebook, Google et Twitter ont essuyé les critiques du Congrès américain sur leur gestion de la désinformation et de l’extrémisme en ligne, lors de leur première apparition devant les législateurs depuis les émeutes du 6 janvier au Capitole et le lancement du vaccin contre le coronavirus.

Les membres de la commission de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants ont interrogé les PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, de Google, Sundar Pichai, et de Twitter, Jack Dorsey, sur les efforts déployés par leurs plateformes pour endiguer les allégations sur la fraude électorale et le scepticisme à l’égard des vaccins.

Les algorithmes opaques qui donnent la priorité à l’engagement des utilisateurs et favorisent la désinformation ont également été pointés du doigt par les élus lors d’une audition de plus de cinq heures jeudi soir.

Le représentant Mike Doyle a demandé aux patrons de ces grandes compagnies technologiques s’ils se sentaient en partie responsables de l’attaque contre le Capitole, après la prolifération sur leurs plateformes d’informations erronées sur les résultats de l’élection présidentielle et le mouvement #StopTheSteal » qui dénonce « le vol » de l’élection.

« Vous pouviez supprimer ce contenu. Vous pouviez réduire la visibilité. Vous pouviez réparer cela. Mais vous avez choisi de ne pas le faire », a déclaré M. Doyle dans son discours d’ouverture. « Vous en avez les moyens. Mais à chaque fois, vous avez choisi l’engagement et le profit plutôt que la santé et la sécurité des utilisateurs. »

M. Zuckerberg a notamment rétorqué que « la responsabilité incombe aux personnes qui ont pris les mesures pour enfreindre la loi et faire l’insurrection. »

Les échanges entre les élus et les PDG de ces compagnies ont été tendus par moment. Les députés ont insisté à plusieurs reprises auprès de leurs interlocuteurs de répondre par « oui ou non » en raison du temps de parole limité, ce qui a donné lieu à des réponses interminables qui contournaient les questions des députés.

« Cela nous irrite tous », a déploré la représentante Anna Eshoo à M. Zuckerberg après une question. « Personne ne semble connaître le mot « oui » ou le mot « non » », a-t-elle dit.

Ces auditions coïncident avec la législation en cours d’examen à la Chambre et au Sénat, qui vise à contrôler l’industrie technologique. Certains projets de loi ciblent la domination économique des entreprises et leurs pratiques anticoncurrentielles présumées. D’autres se concentrent sur l’approche des plateformes en matière de modération du contenu ou de confidentialité des données.

Les différentes propositions pourraient introduire de nouvelles exigences strictes pour les plateformes technologiques ou les exposer à une plus grande responsabilité juridique, ce qui pourrait remodeler le secteur.

Le président américain Joe Biden vient de désigner la juriste Lina Khan, une figure du mouvement antitrust technologique, pour diriger la Commission fédérale du commerce, un choix qui renseigne sur la volonté de son administration de s’attaquer au monopole de certaines des entreprises les plus puissantes et les plus influentes de ce secteur.

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