Super League de football : La révolution qui fait rage

Hibapress

Ce qui a été une rumeur il y a quelques semaines a fini par se concrétiser. L’insurrection des poids lourds du football européen, mise en scène avec l’annonce de la création de la Super League, promet d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de la discipline sportive la plus médiatique et médiatisée du monde.

Cette nouvelle compétition, lancée par 12 grandes équipes du Vieux continent, a enclenché une polémique politico-sportive sans précédent dont les conséquences risquent d’être très lourdes.

Les arguments des douze clubs fondateurs de cette compétition réservée à l’élite vont au-delà de la dimension sportive. Pour AC Milan, Arsenal, Atlético Madrid, Chelsea FC, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham, il s’agit d’une question de « vie ou de mort », notamment en termes de bénéfices économiques.

De l’avis de l’Uefa, instance qui gère le football professionnel au niveau de l’Europe, la Super League est une « approche égoïste d’une élite qui privilège l’économie sur la solidarité ».

« Sauver le football » et « répondre aux besoins des amateurs du ballon rond en termes de spectacle et d’émotion » est l’essence de ce projet, selon le président du Real Madrid et patron de la Super League, Florentino Pérez, dont les pertes de son équipe sont estimées à 500 millions d’euros depuis le début de la pandémie liée au Covid-19.

Pour Florentino Pérez, le puissant homme d’affaires qui a changé la dimension sportive et économique du club madrilène depuis 2000, cette nouvelle compétition, qu’il défend bec et ongles, n’est que la réponse adéquate et nécessaire à une situation d’urgence économique exacerbée suite aux pertes subies par la plupart des grandes équipes européennes.

« Les grand clubs européens d’Angleterre, d’Italie et d’Espagne devaient donner une solution pour faire face à la mauvaise situation que vit le football », a-t-il martelé dans un entretien télévisé sur la chaîne espagnole « Mega ».

La Super League, articulée autour de la Société européenne de Super League Society Limited, a une valeur marchande de plus de 9.000 millions d’euros, selon les estimations de Transfermarkt, correspondant aux douze clubs signataires de la déclaration de naissance de cette nouvelle compétition.

Ainsi, pour les fondateurs de ce projet « la seule voie de gagner de l’argent et de rentabiliser quand vous n’avez plus la billetterie, c’est d’augmenter les retransmissions télé avec des grands matches entre grandes équipes ».

Afin de permettre d’en tirer les plus grands bénéfices, la « Super League » fonctionnerait sous la forme d’une saison régulière opposant 20 clubs, quinze d’entre eux (« les clubs fondateurs », les 12 cités, et trois supplémentaires restant à déterminer) étant qualifiés d’office chaque année et les cinq autres choisis « à travers un système basé sur leur performance de la saison précédente ».

Après la révélation du projet de Super League, la riposte de l’instance footballistique européenne Uefa, ainsi que de plusieurs fédérations et ligues du monde entier ne s’est fait pas attendre.

Première victime de cette nouvelle répartition des pouvoirs dans le monde du football, l’Uefa, accusée de « monopole et de manque de transparence » par les initiateurs de la Super League, a menacé sévèrement d’exclure toutes les équipes dissidentes et leurs joueurs de toute compétition organisée sous son égide.

Aleksander Ceferin, le patron de l’UEFA, a qualifié ce projet de « boutique fermée » qui nuira aux principes du sport en général.

« Le foot doit être uni face à ce désastre après le positionnement de certains clubs avec des intérêts propres. Le monde du foot est uni, les gouvernements sont unis, la société est unie contre ce plan cynique », a relevé le Slovène qui a déclaré une « guerre politico-sportive » contre l’initiative de l’élite européenne du ballon rond.

« L’UEFA distribue pratiquement 90% de ses revenus au jeu : les jeunes, les fondations pour les enfants, le foot féminin », s’est défendu le chef de l’Uefa, estimant, par contre, que la Super League « ne pense qu’à l’argent ».

Dans le sillage de l’Uefa, le président de la Fifa, Gianni Infantino a affirmé que les initiateurs de ce projet « devront subir les conséquences » de leur « rupture ».

Il n’y a « pas le moindre doute » que la Fifa « désapprouve fortement » cette compétition, qualifiant cette dernière de « club fermé » et « dissident des institutions existantes ».

Deux jours après l’annonce de ce changement de paradigme dans le football européen, considéré par les spécialistes comme la deuxième révolution sportive après l’arrêt Bosman sur le football professionnel et le marché des transferts, le bras de fer est bien lancé et la guerre est déclarée! L’enjeu financier est de taille.

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