Couverture santé universelle : l’ANAM appelle à investir davantage dans la santé

Hibapress

L’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) a appelé, dimanche, à investir davantage dans la santé et à lui allouer les ressources de manière efficace et équitable en fonction des besoins.

Cet appel, lancé à l’occasion de la Journée internationale de la Couverture-Santé Universelle sous le thème «ne laisser personne de côté : investir dans les systèmes de santé pour tous », s’inscrit parfaitement dans la conjoncture actuelle marquée par le lancement par le Roi Mohammed VI du chantier de généralisation de la protection sociale au profit de tous les Marocains durant les cinq prochaines années.

Il s’agit, en effet, de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire de base à l’horizon de 2022, sur fonds de refonte profonde du système de santé national, telle que entérinée dans les conclusions du « Nouveau modèle de développement » du Maroc et inscrit parmi les priorités du programme gouvernemental 2021-2026, indique un communiqué de l’agence.

Ainsi, l’ANAM en sa qualité de régulateur engagé dans les efforts collectifs déployés pour la concrétisation de ce projet royal, a profité de la célébration de cette journée pour dresser un bilan du cheminement du Maroc vers la couverture sanitaire universelle (CSU) et brosser les perspectives à venir.

Elle relève que depuis l’instauration de l’assurance maladie obligatoire (AMO) jusqu’à aujourd’hui, une nette évolution a été enregistrée non seulement au niveau des paramètres du régime, mais aussi au niveau de la prise en charge des malades, notamment pendant la pandémie de la Covid-19 (tests PCR, hospitalisation, vaccination …).

De même, les outils d’encadrement et de maîtrise médicalisée des dépenses ont connu une évolution significative. Le nombre de médicaments remboursables au titre de l’AMO est passé de 1.000 médicaments en 2006 à 4.850 médicaments en 2020, dont 3015 médicaments génériques (soit 65%).

Le nombre de réclamations traitées par l’ANAM, dans le cadre de sa mission d’arbitrage des litiges entre les différents intervenants du système, a également évolué en passant de 328 réclamations reçues en 2011 à 10.255 requêtes en 2021.

Ces importants progrès ont été réalisés et plusieurs étapes ont été franchies dans la mise en œuvre progressive de la couverture médicale, ajoute le communiqué, notant que le système connait toujours quelques contraintes liées notamment à la multiplicité des régimes, les écarts entre les paramètres de ces derniers ou encore le poids des dépenses restant à la charge de l’assuré (31.5% pour la CNOPS et 37.6% pour la CNSS).

De ce fait, conformément aux hautes orientations royales et afin d’accompagner les réformes escomptées, notamment celles de la priorité donnée à la généralisation de l’AMO à toute la population d’ici fin 2022, l’ANAM a mis à jour par anticipation sa stratégie 2020-2024, tout en participant à l’élaboration de la stratégie sectorielle de protection sociale.

En outre, la stratégie d’accompagnement adoptée par l’ANAM se base sur la refonte de l’arsenal juridique du dispositif de la CMB à travers la proposition des amendements nécessaires pour améliorer les dispositions légales et réglementaires, en plus du renforcement des missions de l’agence pour qu’elle puisse jouer pleinement son rôle de régulateur de la CMB. S’y ajoutent l’élargissement de la base des assujettis à l’AMO et la mise en place d’instruments novateurs pour un financement pérenne de l’AMO.

Elle concerne aussi l’adaptation des outils de régulation aux évolutions du dispositif de l’AMO, à travers notamment l’institutionnalisation des principes de parcours coordonné de soins visant à assurer un meilleur suivi médical des assurés, la mise en place d’une nouvelle stratégie de remboursement des médicaments, afin de maitriser les dépenses du poste médicament qui absorbe à lui seul 31.5% des dépenses de l’AMO. A cet égard, les Affections de longue durée (ALD), qui touchent 3.2% de la population couverte par l’AMO, s’accaparent 51.8% des dépenses totales. Quelque 71.6% de ces dépenses concernent l’insuffisance rénale chronique terminale (26.7%), les tumeurs malignes (23.7%), le diabète insulino-dépendant, le diabète non insulino-dépendant ( 10.7%) et l’hypertension artérielle sévère ( 10.5%).

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