CAN CAMEROUN 2021: QUAND YANNICK NOAH VIBRE POUR LE CAMEROUN

HIBAPRESS-RABAT-D’APRÈS RFI

Installé au Cameroun, le pays de son père, Yannick Noah vibre pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2022) qui s’y tient. Fervent supporter des Lions indomptables, l’ancien tennisman a accueilli RFI en exclusivité au Village Noah, la propriété qu’il construit depuis les années 1980. Le foot, l’esprit d’équipe, la gagne, la double culture française et camerounaise… Confidences avec le champion.

Une CAN au Cameroun, c’est quelque chose qu’il faut vraiment vivre, pour peu qu’on aime le pays et les Camerounais. Lors de la dernière Coupe d’Afrique ici, en 1972, j’avais 12 ans. J’allais avec mon père au stade. J’ai des souvenirs incroyables de joie et d’une énorme tristesse quand on avait perdu en demi-finale. Le petit garçon que j’étais a vraiment vécu cette CAN. Et aujourd’hui, 50 ans après (rires), rien n’a changé.

Ici, le football est vraiment une religion, quelque chose qui unit le pays. Quand l’équipe gagne, c’est du bonheur jusqu’au prochain tour. L’équipe du Cameroun continue. Tout le pays est derrière. Pour l’instant, la compétition se passe bien, avec la folie du sport, des bonnes équipes qui sont éliminées, des petits pays qui se révèlent. J’ose imaginer l’ambiance qu’il peut y avoir aux Comores, au Cap-Vert… La CAN 2022, c’est toute l’Afrique. C’est une jolie fête populaire.

J’essaye de participer, d’être derrière les Lions. L’idée, c’est d’envoyer les meilleures énergies possibles, de bonnes ondes. J’ai eu des contacts avec l’équipe, avec l’entraîneur il y a quelques semaines. Ce sont des mots d’encouragement, des fêtes souvent car on aime beaucoup la fête ici. Tout cela est très naturel pour moi. J’ai eu l’occasion d’aller voir le dernier match (face au Cap-Vert) et l’ambiance est extraordinaire. J’aime beaucoup le foot, mais des ambiances comme ça, c’est très rare. C’est assez incroyable, le pouvoir que peut avoir le foot sur le bonheur des gens.

J’ai le maillot, je suis à fond derrière l’équipe. Mais j’ai du mal à regarder les matches. C’est une souffrance pour moi. Je suis trop tendu, trop investi. C’est pour ça que je préfère presque regarder les matches à la maison plutôt qu’au stade. J’ai mal au bide, je ne suis pas bien. Trop de stress. J’ai souffert au match d’ouverture… Je souffre tout le temps ! (rires) Ils ont bien joué, ils ont terminé premiers du groupe. Derrière, on enchaîne tout de suite avec la fête et là, je me détends complètement.

On peut avoir ce trouble, ce sentiment toxique qui est de penser à la défaite. Pour gagner, il faut penser à la victoire, se nourrir d’images et visualiser la victoire, sur le terrain comme en dehors. C’est ça qui porte le plus. Un match, c’est tellement court. Un match se gagne aussi avant. Je n’envisage pas la défaite. Il faut envoyer des bonnes ondes et ne penser qu’à la victoire.

J’ai eu la chance de pratiquer un sport individuel. J’ai aussi eu la chance d’avoir un papa qui a joué au foot. Quand j’étais jeune, je lui disais que ça me manquait, les copains, les vestiaires… Lui m’a fait comprendre que j’avais la chance, en tant que joueur de tennis, d’avoir mon destin en mains et de ne dépendre de personne. Il m’a fait comprendre que c’était une chance rare. « Si tu perds, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Si tu gagnes, c’est toi. Donc va bosser. » J’ai très vite compris ma chance. Mais cette frustration restait.

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