CONFÉRENCE BF INFLUENCE! LE e SANTÉ A LA CROISÉE DES CHEMINS

HIBAPRESS-RABAT

En plein boom depuis le début de la crise Covid, la e-santé offre des solutions alternatives et complémentaires aux systèmes de santé traditionnels. Son développement permet d’élargir l’offre d’accès aux soins et révolutionne la prise en charge des patients. Si le Maroc est un des pays les plus avancés en Afrique, le secteur souffre encore de nombreux maux l’empêchant d’atteindre son plein potentiel. C’est un des messages clés ressortis lors de la 2ème édition du « BF Influence Club », un espace de réflexion et d’inspiration autour d’idées innovantes et créatives, organisée le mercredi 26 janvier, sous la thématique : « La e-santé, santé numérique ou santé connectée en période Covid ».

Cette conférence à laquelle ont pris part plusieurs participants auprès des influenceurs et des media, a été animée par experts du domaine, notamment Pr Hassan Ghazal, Président de l’Association Marocaine de Télémédecine et e-santé, professeur associé- Université Mohammed VI des Sciences de la Santé, Raja Bensaoud, Juriste en droit des affaires et du numérique, enseignante grandes écoles et co-fondatrice du think-tank Digital Act ; Pr Najib Al Idrissi, Chirurgien orthopédiste traumatologue – Université Mohammed VI des sciences de la santé ; Charaf Eddine Ait Zaouiat, Professeur-chercheur en santé digitale et télémédecine- Université Chouaib Doukkali

Un chiffre : 250 milliards de dollars ! Voilà le montant que pourrait atteindre dès 2023 le marché mondial de la e-santé. En plein développement, la e-santé ou santé digitale recouvre « 9 dimensions allant de la prévention au diagnostic, le traitement, l’hospitalisation, la prise en charge du patient ou encore la formation », a déclaré d’entrée de jeu Pr. Hassan Ghazzal, Président de l’Association Marocaine de Télémédecine et e-Santé lors de la 2ème conférence du BF Influence, un club de l’agence Brand Factory qui réunit entrepreneurs, influenceurs, artistes, sportifs et journalistes… pour créer un nouveau paradigme.

Selon Professeur Ghazal, « la santé digitale est aussi une véritable révolution de la biologie médicale ». Des montres connectées à la miniaturisation des laboratoires, le nombre de startups et de licornes a explosé ces derniers mois. Sans oublier que deux startups biotechs ont été à l’origine de vaccins à ARN messager, une première mondiale.

La santé digitale, entre abus et opportunités

Aujourd’hui, plus de 30% des applications mobiles dans le monde concernent la santé digitale. Environ 75.000 applications de santé digitale sont créées chaque année. Dans ce lot, des applications certifiées et utilisées par des professionnels; mais également des applications non conformes.

Au Maroc, la pandémie a montré un visage sombre de la santé digitale. « De fausses téléconsultations à 20 dirhams ont poussé comme des champignons », s’insurge Pr Najib El Idrissi. Si une initiative nationale de déploiement de la télémédecine est mise en place depuis 2018; la loi encadrant l’exercice de la profession a été mise à jour début janvier 2022. « Le contexte de la pandémie a poussé les pouvoirs publics à simplifier l’accès à la télémédecine. Il ressort de ce cadre juridique que l’acte de télémédecine est un acte médical à part entière et qu’il s’exerce dans les mêmes conditions de qualité, de déontologie et de confidentialité que tout autre acte médical », a souligné Mme Raja Bensaoud, experte en droit des affaires et du numérique et co-fondatrice du think-tank Digital Act.

Il n’empêche que des freins subsistent au développement de la e-santé, en l’occurrence « la formation qui peine à suivre » a rappelé Pr Najib El Idrissi. « Actuellement, les formations en santé digitale au Maroc se comptent sur les doigts d’une main », soulignent les professeurs Ghazal et Al Idrissi.

Autre point soulevé : la question du remboursement. La prestation de télémédecine n’est pas encore prise en compte par les assurances et les caisses nationales. Une situation qui pourrait changer à l’avenir alors que le secteur voit sa réglementation se peaufiner. Désormais, la loi impose une autorisation de la CNDP pour pouvoir exercer, tout comme une visite en cabinet, émanant de l’Ordre des médecins.

Un formidable tremplin pour mettre fin aux inégalités

Si la santé digitale n’est pas parfaite, elle demeure un formidable outil pour le Pr Charaf Eddine Ait Zaouiat, Ingénieur-expert en télémédecine et santé digitale. « Nous pouvons mettre en place un modèle de collaboration entre médecins généralistes et spécialistes dans le monde rural. Le médecin généraliste peut transformer son cabinet en clinique virtuelle spécialisée et livrer, par exemple, des consultations en téléradiologie ».

Selon le professeur, la mise en place d’un dossier médical du patient entièrement digitalisé sera un premier pas vers une santé digitale globale. Cette dernière, effective, pourrait transformer en profondeur le système de santé et permettre moins d’inégalités territoriales et plus d’équité en termes d’accès aux soins.

Cependant, la prise de conscience doit être plus globale. « La santé digitale nécessite une transformation culturelle de l’ensemble de l’écosystème » conclut le Pr. Hassan Ghazzal. Il n’en demeure pas moins qu’à la base de la télémédecine, une première consultation physique est primordiale !

 

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