LE PROBLÈME DU FIGUIER DE BARBARIE ENTRE « LE MARTEAU ET L’ENCLUME ». DES PRÉDATEURS POUR ÉRADIQUER LE MAL ?

HIBAPRESS-RABAT

Depuis l’an dernier, l’Institut National de la Recherche Agricole (INRA) croule sous les sollicitations de collaboration émanant de diverses parties et institutions de recherche du monde entier. Avec l’annonce de la sélection et la multiplication de 8 variétés de figuier de barbarie qui résistent aux ravages de la cochenille du cactus par les chercheurs marocains, les acteurs de la filière nationale de valorisation des figues de barbarie anticipent déjà un retour à la normale de leurs activités et leur espoir se propage au-delà de nos frontières, mais devaient d’abord prioriser l’achèvement des activités de multiplication et d’accompagnement de la nouvelle stratégie Génération Green 2020-2030 qui prévoit la plantation de 130.000 hectares de ces variétés à travers le pays.

Si le Maroc commence à voir le bout du tunnel après plusieurs années de dépérissement des cultures du figuier de barbarie à cause de ce ravageur vicieux, d’autres pays de la région appréhendent une catastrophe qui ne les a pas encore touchés, mais dont la propagation ne semble pas vouloir s’arrêter. La façon avec laquelle est arrivée la cochenille en Méditerranée est encore mal connue. Il existe plusieurs pistes et théories probables. Cela dit, des pays comme l’Italie – où la filière de valorisation du cactus est très développée – sont aux aguets pour anticiper et essayer d’empêcher l’arrivée et la prolifération du ravageur.

Le Maroc a pour sa part déjà traversé une véritable crise depuis qu’est apparu le premier foyer de ce ravageur en 2014. En 2016, au lancement officiel du programme d’urgence, le Maroc avait uniquement quelques zones infestées au niveau de Sidi Bennour et dans la région de Zmamra.

En 2017, la vitesse de propagation du fléau s’est accentuée au niveau national avec l’apparition de nouveaux foyers d’infestation, dans la région de Rhamna notamment. Pendant ce temps, une équipe mixte de chercheurs marocains capitalisait sur le travail de collecte d’écotypes de figues de barbarie (mené par l’INRA depuis les années 80) pour tenter d’identifier des variétés résistantes, à même de sauver une filière nationale de valorisation en chute libre.

« Nous avons travaillé dans des conditions climatiques parfois pénibles pour reproduire une réplique de toutes les variétés dont nous disposions au niveau d’un champ expérimental infesté afin de déterminer lesquelles étaient les plus résistantes. Le résultat de ce travail a par la suite été confirmé et renforcé par d’autres expériences similaires à l’échelle du laboratoire et de la serre », explique Dr Sbaghi.

Après l’inscription au catalogue officiel des 8 variétés de cactus qui ont démontré leur résistance face à la cochenille, la phase entamée de multiplication et d’établissement des plateformes permet déjà de donner progressivement de l’espoir aux acteurs de la filière dans l’objectif d’une reprise des activités de culture.

Pendant que l’INRA continue à multiplier et à diffuser les nouvelles variétés résistantes, ses équipes poursuivent leurs recherches sur divers axes. « Nous menons actuellement un programme d’amélioration génétique en croisant les variétés résistantes avec d’autres variétés sensibles afin de renforcer leur résistance. Les résultats sont très probants et nous sommes actuellement en train d’attendre la fructification pour évaluer les qualités des produits issus de ces nouvelles variétés ».

La lutte contre les cochenilles qui ont décimé les plantations de cactus se poursuit au Maroc. Pour venir à bout des cochenilles qui ont envahi les plantations de cactus au Maroc, le mieux était de faire appel à leur ennemi naturel, une autre solution éprouvée qui consistait à faire appel à des coccinelles prédatrices Hyperaspis trifurcata, qui est une coccinelle trident originaire du Mexique. Se nourrissant uniquement de cochenilles, cet insecte est capable d’éradiquer ce ravageur en l’espace de cinq ans.

Le recours à Hyperaspis trifurcata est de 20 à 25% moins coûteux que les autres applications phytosanitaires. Un gain pouvant être encore plus conséquent si l’on met en place un élevage de masse, sans oublier les atouts liés à la préservation de l’écosystème. Les traitements phytosanitaires sont source de pollution pour les sols et de dégâts pour l’apiculture, rappelle-t-on. Il est estimé que, déployée à l’échelle nationale, cette solution naturelle de lutte contre la cochenille devrait permettre de reconstituer les cultures de cactus dans le Royaume en l’espace de cinq ans.

 

 

 

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