Safran de Taliouine : comment reconnaître le vrai du faux ?

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Comme à chaque édition, le Safran de Taliouine marque sa présence au Salon international d’agriculture de Meknès (SIAM) avec la commercialisation des différents produits à base de cette épice rare et précieuse.

Le Safran de Taliouine multiplie les odeurs et les saveurs de nombreuses spécialités culinaires, également réputées pour ses propriétés médicinales et ses bienfaits antioxydants.

La filière du Safran de Taliouine, qui regroupe 1600 producteurs et fournit du travail à près de 15.000 personnes, occupe une superficie de 600 hectares pour une production de 6 tonnes et demi de safran par an, ce qui la place à la troisième position mondiale derrière l’Iran et l’Inde.

Le Salon international d’agriculture de Meknès, est ainsi une occasion pour les commerçants du safran de Taliouine, d’effectuer des échanges avec des producteurs locaux et des industriels internationaux qui sont souvent intéressés par l’achat de ce safran très concentré au niveau du parfum et du pouvoir colorant. C’est le cas pour Driss Samih, PDG de la société « L’or rouge de Taliouine » et également président de la Fédération nationale des commerçants du safran, qui est à sa 14ème participation à ce rendez-vous annuel de l’agriculture. Entretien.

Bonjour, le Safran de Taliouine est toujours présent au SIAM et rencontre un engouement de la part du public. Quels sont vos objectifs à travers votre participation ici ?

Nous avons toujours les mêmes objectifs, c’est de valoriser et de faire connaitre le Safran de notre région et d’expliquer aux visiteurs les différentes qualités du safran, ses catégories et ses caractéristiques. Ce n’est pas quelque chose de simple car il faut également expliquer aux visiteurs l’intérêt de ne pas trop mettre de safran dans les plats et ne pas le gâcher. Il faut mettre les doses prescrites pour vraiment bien profiter des bienfaits du safran soit au niveau culinaire ou sur la base curative aussi.

On a doit également répondre aux objectifs du Plan Maroc Vert par évoluer cette tradition de produire le safran à l’échelle nationale. Il ne faut plus que cela reste dans le côté traditionnel.

Qu’est ce qui différencie le Safran de Taliouine des autres safrans ?

Le safran change de goût de région en région. Le terroir de Taliouine donne un safran très concentré au niveau du parfum et du pouvoir colorant. Sa particularité par rapport à l’asiatique c’est le dosage qu’on utilise dans les plats. On a besoin que d’un dixième de gramme de safran de Taliouine pour un plat de 4 personnes (paela, tagine,…) alors qu’il faut imaginer 0,3 grammes de safran d’origine asiatique pour un plat de 4 personnes. C’est ça la différence entre les deux safrans, il y a bien des gens qui croient que le safran asiatique est moins cher mais vu le dosage, il est beaucoup plus cher que notre safran.

Quelles sont les contraintes rencontrées par la filière du safran de Taliouine ?

Dans tous les métiers, il y a toujours des contraintes mais le plus grand problème c’est la commercialisation ça se comprend aussi parce que c’est un produit précieux et donc coûteux. C’est pour cela qu’il faut déployer beaucoup d’efforts pour le commercialiser et faire face à la concurrence féroce du safran iranien sur le marché marocain.

Le safran est souvent victime de la contrefaçon. Comment reconnaître le vrai du faux ?

Tout produit précieux subit une tentative de fraude comme c’est le cas du safran. Il y a une part de maïs, de l’arnica et du coquelicot qui se mélangent pour le vendre pour du safran, mais il y a bien des méthodes qu’on conseille aux gens d’utiliser, c’est de prendre un petit bout de papier blanc avec un tout petit peu de safran un peu mouillé pour voir si ça va donner un jaune orangé. Si on obtient une couleur qui est différente du jaune orangé, alors là on se rencontre qu’on s’est fait avoir.

Que fait le ministère pour accompagner les producteurs du safran ?

Le ministère a déployé plein d’efforts pour introduire les nouvelles technologies d’irrigation, d’aider les petits producteurs à ce qu’ils s’organisent sur de grandes surfaces et dans des filières autonomes encadrés par la Fédération interprofessionnelle marocaine du safran (FIMASAFRAN).

Je crois qu’au niveau organisationnel, le ministère a fait allusion à ce que toutes les filières soient organisées. D’ailleurs, il a mis en place beaucoup d’établissements et de labels. Maintenant c’est aux intervenants d’être conscients et d’être au rendez-vous des objectifs tracés par le ministère.

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