Le secteur équin: les professionnels lancent un cri d’alarme !

Hibapress

Les professionnels de la filière équine (éleveurs et propriétaires), ont réaffirmé encore une fois leur mécontentement envers la Société Royale d’Encouragement du Cheval (SOREC), notamment dans la gestion de plusieurs dossiers.
D’ailleurs, la réunion du bureau permanent regroupant ces professionnels qui s’est tenu en décembre dernier, a dressé un constat sombre de la situation des professionnels et du secteur.
Le contrat programme 2015-2020 qui fixe les principales orientations stratégiques de développement du secteur, qui n’a pas été signé, à tout de même été conçu par l’entente entre les professionnels et le ministère de l’agriculture.

Créée en 2003, la SOREC, est une entreprise public-privé sous tutelle du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. L’entreprise s’est donnée pour objectif: l’encouragement de l’élevage et l’amélioration de la race chevaline, l’organisation des courses hippiques dans les hippodromes, la gestion des jeux hippiques et la réalisation des infrastructures hippiques.

Cependant, la réalité est toute différente, des mesures et des décisions négatives et répressives ont été prises, envers les professionnels, qui pour leur part ont assurés leurs engagements du contrat Programme 2015- 2020. Ainsi, l’objectif à moyen et à long terme d’avoir l’autonomie de la filière course Marocaine (par rapport à la filière française), devient un rêve inaccessible. Voici, ci-dessous, les principaux points soulevés lors des débats de la réunion du Bureau Permanent :
– Une gestion du budget de la SOREC qui fait fi des intérêts des socioprofessionnels.
– La SOREC baisse continuellement les ressources des éleveurs et des propriétaires; alors qu’elle alourdit grandement la structure administrative et sa structure de haras qui vont énormément peser sur l’avenir de la filière.
– Diminution de 3% de la prime propriétaire, soit 27% auparavant 30%.
– Baisse de 1000 DH de manière unilatérale de la prime naissance.
– Primes de naissances de 2018 non payées en 2019.
– Le non-respect des décisions prises par le Bureau Permanent et la SOREC pour la programmation de 140 courses supplémentaires annuelles pour booster le Pari Mutuel Urbain (PMU) et l’élevage marocain.
A l’inverse de ces coupures budgétaires, les dépenses explosent, à l’instar :
– Du budget du Meeting international de Casablanca.
– Des dépenses exhaustives dans les centres d’entraînement de Bouskoura (170 millions de Dh), et des dépenses média et marketing d’auto satisfaction.
– Gestion unilatérale des infrastructures.
– 2 hippodromes sur 5 sont fermés; celui de Rabat n’a pas encore de plans agréés et il à été indûment fermé, au détriment des propriétaires de Rabat qui demandaient de le maintenir ouvert jusqu’à l’obtention de l’autorisation de construction.

Ce portrait reflète la réalité de la situation actuelle de la filière équine, qui participe grandement aux 30.000 emplois, qui sont malheureusement en danger aux vues de la précarité du secteur. Rappelons que, les ressources de la SOREC est  de 7 milliards de Dirhams, et elle devrait réserver 10% de ces recettes pour le développement de la filière.
En France par exemple, “France galop” dégage 10% de ses recettes (10% de 7 milliards : 700 millions d’Euro), pour ses éleveurs et ses propriétaires, ce qui est loin d’être le cas pour la SOREC, qui  n’accorde  présentement que 3,5% à toute la filière course.
De toute évidence, le ministère devrait se doter de l’Interprofession et du contrat programme 2020 – 2025 dans les plus brefs délais, afin qu’il y ait une tutelle technique qui analyse la rentabilité économique et sociale de tous les investissements et les besoins de fonctionnement.
Au lieu de se substituer aux professionnels, la SOREC devrait s’occuper de faire croître le PMU Marocain et de respecter le contrat programme qui sera établi avec le Ministère et les professionnels.

Pour tout dire, les professionnels demandent l’instauration d’un nouveau modèle de gouvernance capable de relever tous les défis, et dans lequel les professionnels, décident de leur avenir.

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