Enseignement à distance au Maroc: Etude de satisfaction des étudiants de l’université Mohammed V de Rabat

Naima BOUFERAS / Abdelkrim ELALAMI ”

La situation d’urgence dans la quelle a été lancé l’enseignement à distance pour les étudiants marocains nous a conduit à réfléchir non seulement sur les contenus transmis aux étudiants mais aussi sur la manière dont ces cours sont véhiculés, à la lumière de la pluralité des rôles que désormais l’enseignant chercheur est appelé à assumer dans ces circonstances (il est à la fois professeur, ingénieur , et tuteur …) et des lieux virtuels (les plateformes virtuelles ) impliqués dans les processus.
Dans le cadre de cette recherche, nous avons mené une enquête quantitative auprès de 653 étudiants des établissements à accès ouvert de l’université Mohammed V de Rabat pour essayer d’évaluer l’impact et les effets de l’e-learning sur les connaissances et les compétences des étudiants.
L’analyse présentée nous a permis de déterminer certains objectifs fondamentaux de l’enquête, notamment:
– Avoir une vue d’ensemble sur la situation de l’enseignement à distance dans les établissements à accès ouvert de l’Université M5 ;
– détecter le degré de satisfaction des étudiants vis à vis de l’enseignement qui leur a été dispensé et des moyens utilisés ;
Pour atteindre ces objectifs, il a été décidé de mener l'enquête par le biais d’un questionnaire en
ligne via l’application Google Forms .
Parmi les importants enseignements révélés par notre enquête, nous retenons en premier lieu une forte utilisation de l’apprentissage à distance dans les établissements à accès ouvert au sein de l’université Mohammed V de Rabat avec un taux de 89,70%. Néanmoins, l’étude du nombre de cours interactifs en ligne que les étudiants suivent par semaine est indissociable de l’analyse de sa dimension réelle par rapport aux autres moyens utilisés par les professeurs pour dispenser la formation. Cela a mis en évidence que seulement 18.90 % des étudiants sondés suivent au moins 4 cours par semaine (moins des 6 modules prévus par le cahier des normes). On peut en conclure que la pratique de l’enseignement à distance n’est pas généralisée et que seulement une partie des professeurs utilisent les TIC.

En ce qui concerne les modalités de formation adoptées, les outils supports de prédilection sont les classes virtuelles (52,80%) et les supports en pdf/word/powerpoint (46,80%) tandis que seulement 23,20% des étudiants sondés déclarent avoir bénéficié des cours interactifs à travers des applications telles que Zoom et Google Meet. On peut en déduire que, dans le contexte actuel, ce qui a été fait est un transfert des contenus de l’enseignement conventionnel vers l’environnement virtuel au détriment de la formation interactive.

L’enquête a aussi ressorti une grande participation (74.70 %) des étudiants dans la réalisation des
travaux de recherche à travers les visioconférences. Par ailleurs, l’enseignement à distance permet
de construire des parcours d’enseignement personnalisés plus facilement par rapport à l’enseignement classique particulièrement pour ce qui concerne la supervision des travaux de recherche et leur présentation (les exposés, les PFE, les thèses du master). Cet avantage ne peut que valoriser le rôle du professeur en tant que concepteur et facilitateur du processus d’apprentissage en faveur de l’étudiant et donner confiance à l’étudiant qui dépasse sa peur du public. En effet, il leur permet de créer un environnement d’apprentissage “mobile”, où les contraintes du temps et de l’espace disparaissent grâce notamment à la gestion flexible des horaires d’enseignement et d’encadrement et surtout une alternance de l’enseignement synchrone et asynchrone.
Concernant leur préférence de la pratique de formation, le mode présentiel attire la moitié (47.30 %) des sondés qui soutiennent la nécessité d’assurer l’enseignement essentiellement en présentiel et 40% des participants qui estiment que c’est l’occasion de consolider la didactique collaborative à distance. Cela s’explique par le besoin ressenti par les étudiants sondés d’un modèle d’enseignement qui combine des éléments de formation présentielle et des éléments en e-learning.

En effet, l’intégration de l’e-learning avec l’enseignement frontal et l’adoption d’une stratégie d’enseignement interactive où l’enseignant joue le rôle de tuteur et accompagnateur ne peut que motiver les étudiants et les inciter à prendre la responsabilité de leur apprentissage. Le blended learning s’impose à cet égard comme une solution d’importance pour l’avenir de l’université marocaine.

Naima BOUFERAS : Enseignante chercheur à la faculté des sciences juridiques économiques et sociales

Abdelkrim ELALAMI : Enseignant chercheur à la faculté des lettres et sciences humaines

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