​ La croissance au Maroc continue de manquer de vigueur: le pourquoi

HIBAPRESS-RABAT

Afin de parvenir à une croissance généralisée et à la création d’emplois, la mise en œuvre soutenue d’un programme de réformes diversifié et ambitieux sera essentielle, selon le Rapport de suivi de la situation économique au Maroc de la Banque Mondiale.

Le rapport analyse les performances de croissance de l’économie marocaine au cours des dernières décennies. Jusqu’à présent, l’accumulation de capital fixe a été le principal moteur de la croissance, avec des gains de productivité limités et une contribution insuffisante de la main-d’œuvre malgré une situation démographique favorable.

La croissance au Maroc continue de manquer de vigueur avec, au mieux, un taux de 3,5%. Selon le chercheur en droit des affaires et économie à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Mohammedia Zaher Badr El Azrak, Traditionnellement ce sont les secteurs agricole et touristique qui étaient considérés comme le moteur de la croissance, mais l’économie marocaine est en croissance et a besoin d’une plus grande diversification notamment dans des secteurs comme le secteur automobile, présenté comme une solution prometteuse. Cependant, malgré des progrès significatifs, le rythme de la croissance reste bien en deçà des attentes, ce qui met en évidence des défis structurels plus profonds.

« La transition vers une économie plus industrielle et technologique est une ambition louable, mais elle nécessite des bases solides. Les questions d’infrastructures, de souveraineté énergétique et de compétitivité restent cruciales », souligne-t-il. Cette industrialisation ne peut être envisagée, selon lui, sans une disponibilité énergétique fiable et abordable. Les défis liés à la transition énergétique sont autant de freins à surmonter pour parvenir à une croissance durable.

En outre, la dépendance persistante à l’égard de certains secteurs tels que le tourisme et l’agriculture constitue un défi supplémentaire. « Ces secteurs, bien qu’importants, sont vulnérables aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés internationaux. La transition vers l’industrie ne doit pas se faire au détriment de ces secteurs, mais plutôt en les intégrant dans une stratégie globale de développement économique », explique M. El Azrak.

L’inflation et la hausse des prix constituent également des obstacles majeurs à la croissance économique

Même si des mesures ont été prises pour atténuer les pressions inflationnistes et la hausse des prix, telles que les subventions aux intrants agricoles ou celles accordées aux transporteurs routiers, des défis persistent. “La spéculation et les pratiques anticoncurrentielles dans les secteurs de la distribution exacerbent ces problèmes, mettant en danger le pouvoir d’achat des ménages marocains”, note le chercheur.

En matière d’emploi, les statistiques sont alarmantes. La destruction d’emplois, notamment dans le secteur agricole, couplée au chômage élevé des jeunes, met en évidence les lacunes de la transition économique en cours, estime M. El Azrak. L’industrie, bien que créatrice d’emplois (7 000 nets), peine à absorber le nombre croissant de demandeurs d’emploi. Des stratégies plus inclusives et ciblées sont donc nécessaires pour relever ce défi crucial.

Les chemins de la croissance au Maroc, selon ce chercheur, sont semés de défis et d’opportunités. Une transition vers une économie industrielle et technologique plus diversifiée est nécessaire, mais elle doit s’accompagner de politiques énergétiques fortes, de mesures anti-inflationnistes efficaces et d’une stratégie d’emploi inclusive. En intégrant ces éléments, le Maroc peut tracer la voie vers une croissance économique durable et équitable.

 

 

 

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